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juillet 31, 2006

Gratin le plus infâme de toute la création

Voilà, ça y est c'est fait. Nous avons déménagé. Enfin "déménagé" c'est un peu un grand mot... nous avons changé nos affaires de place pour le moment, rien de plus. Nous vivons toujours entourés de cartons disposés sous forme de digues au milieu desquelles nous avons laissé une bande vide destinée à nous permettre de traverser la maison en nous mettant sur le côté et en rentrant le ventre. On vit dans des tranchées, on dispose de 3 petites cuillères et un décapsuleur pour se nourrir et cuisiner, et on fait du coup des expériences culinaires déroutantes. Je tenais néanmoins à partager avec vous la recette du gratin que le Bernard l'Arno a préparé le soir du déménagement et auquel il a donné le nom fort attrayant de "gratin aux restes de frigo", fabriqué à 100% à base de trucs qui n'avaient pas réussi à dégager après 5 jours de repas sur le thème "on déménage le moins de bouffe possible", il faut le voir pour le croire... Si jamais un jour il y a un concours au sein de la blogosphère pour attribuer un prix à la recette la plus répugnante et la photo la moins ragoûtante, et bien je crois que vous pouvez tous aller vous rhabiller car je viens de remporter la cagette de tomates pourries qui récompense le gagnant dans les 2 catégories. Affligeant... j'ai quand même hésité à le congeler pour la prochaine visite de Jessica.

Gratin aux restes de frigo

Pour 785 personnes (1/2 bouchée suffit... forcément...)

1 paquet de gnocchi, entamé depuis 3 jours
1 brique de coulis de tomate, ouverte pour la moussaka d'il y a 1 semaine
5 tranches de processed cheese (genre de toastinettes), achetées pour Pimpreton il y a des mois pour tenter (en vain) d'imiter les grilled cheese de la pub Kraft
1/2 oignon, emballé dans du film plastique après la quiche d'hier
1 gousse d'ail (qui trainais là depuis Dieu sait quand et pour Allah sait quelle raison)

Faire revenir l'ail et l'oignon, ajouter la tomate. Saler, poivrer, origaner.
Faire cuire les gnocchi dans de l'eau bouillante salée, égoutter et mélanger à la "sauce" tomate.
Recouvrir de tranches de processed cheese et faire gratiner 15 minutes au four.
Sortir du four, regarder d'un oeil inquiet, photographier pour avoir une preuve de l'étendue de l'incompétence culinaire de votre époux, jeter à la poubelle et commander une pizza.

gratin-immonde.jpg

NB : Le film caoutchouteux et les cloques plastifiées qui ornent le dessus de la flaque tomatée ont été réalisés sans aucun trucage.

juillet 21, 2006

Des noix, des graines, des fruits secs, du cresson, une chèvre et un cochon

Et oui aujourd'hui c'est festival ! Alléalléonivaonéfouonivaonestfouaujourduicélafoooooooooliiiiiiie. Cette phrase est bien sûr à relire les yeux fermés (prouesse des plus exigeantes que seul David Copperfield a réussi une fois à accomplir tout seul dans ses lattrines et que même il était vert que personne ne soit là pour le voir réaliser ce prodige) en imaginant que c'est le gars de la fête forraine qui fait tirer à la carabine qui la dit, sinon on est pas dans l'ambiance et du coup ça plombe tout mon effort de désorthographie. Merci donc de jouer le jeu !
Oui parce que là c'est comme les éclipses totales de soleil c'est un truc qui se produit que tous les 74 ans, sauf que là on a pas besoin de lunettes spéciales pour le voir. Ce qui, vous en conviendrez, est carrément plus pratique et pour ainsi dire pas contraignant du tout. Bon bien sûr ça demande de se farcir mon indigeste prose surparenthésée, bourrée de mots qu'ils existent pas dans le dictionnaire et parsemée de sollicismes (si si celui là il existe M'sieurs-dames, même que ça veut dire des fautes de grammaires mais que ça fait vachement plus classe et savant et trop "t'as vu comme elle cause bien") avant d'en arriver à l'essentiel, la bouffe (sauf pour celui qui est arrivé sur ce blog en tapant "consommation excessive kékette" dans Google... j'en ai pas cru mes yeux mais j'ai fait le test et apparemment oui c'est moi qui arrive en 1er pour informer l'internaute à l'affut des plaisirs et dangers de ladite pratique... inutile de dire à quel point je suis flattée!).
Et c'est là que les plus téméraires se voient récompensés. Si vous avez déjà eu le cran de lire jusque là, vous méritez bien un petit cadeau : aujourd'hui pas de parlotte, pas de considérations stériles, pas d'anecdote désopilante ni croustillante (ce qui est, j'en conviens, un peu décevant quand on est promue en un clic au rang de queen de la consommation excessive de kékette, mais que voulez-vous j'essaie quand même de garder une plate bande de jardin secret moi aussi), non rien que de la popotte. Mon slogan pour today c'est "100% popotte 0% parlotte" (Si Publicis m'embauche pas dans la minute c'est à désespérer...). Et même 300% popotte. Pour la première fois et en exclusivité inédite sur la feuille de chou, 3 recettes. Et tenez vous bien, attentioncépafininoncépafinipaskecébonpaskonéfoupaskonépadémoudugenouuuuuu (retour à la Foire du trône, version le gars au micro du manège qui fait regretter les gaufres à la chantilly juste avant), 3 recettes salées. Pour le bec sucré que je suis c'est un genre d'exploit, un peu comme réussir à regarder un fils de Godard jusqu'au bout, manger un Reese cup en entier ou chanter la marseillaise sans rajouter "Napoléon, queue de cochon, tire-bouchon dans le caleçon" à la fin. Un truc de ouf quoi. Mais comme j'ai servi les 3 trucs ensemble et que ça a fait un genre d'unanimité de compliments, de congratulations et d'éloges (oh oui encore c'est bon... oh la la je vais encore me retrouver dans les pages X de Google moi) je n'ose pas les séparer au cas où la réussite du tout tienne à une étrange réaction chimique liée à l'ingestion simultanée des 2 cakes et de la soupe (attention malheureux, c'est un concept hein, n'allez vous fourrer 2 tranches de cake et un bol de soupe dans le bec en même temps pour faire le test, ça pourrait être dangereux un truc pareil !).
Ah... attendez... alors même que j'écris ces lignes on me dit dans l'oreillette que non. Que ça s'est déjà produit... Bon, ben... tout ça pour rien alors. Pour un non évènement quoi. Pffff... c'est vraiment n'importe quoi cette feuille de chou.

Cake aux graines, au chèvre et aux noix

3 oeufs
150 g de farine complète
10 g de levure
80 ml d'huile d'olive
50 g de mozzarella finement râpée
120 ml de lait
100g de fromage de chèvre frais, grossièrement émietté
50 g de cerneaux de noix, concassées
2 cuillères à soupe de graines de lin
2 cuillères à soupe de graines de tournesol, grossièrement hachées
2 cuillères à soupe de graines de courges, grossièrement hachées
sel, poivre

Dans un grand saladier, mélanger la farine, la levure, le sel, le poivre, les graines et le fromage râpé. Creuser un puit au milieu.
Dans un saladier plus petit, mélanger les oeufs légèrements battus et le lait.
Ajouter d'un seul coup au mélange sec le lait et les œufs, ainsi que l'huile. Ajouter le fromage de chèvre et les noix. Remuer avec une cuillère en bois.
Verser la préparation dans un moule à cake puis mettre au four préchauffé à 200°C pendant une vingtaine de minutes. Le cake est prêt quand une lame de couteau insérée dedans ressort sèche.

cake-graines-chevre.jpg

Cake aux lard, pruneaux et noisettes

3 oeufs
150 g de farine
10 g de levure
100g de cheddar râpé
80 ml d'huile de colza
120 ml de lait
150 g de lard, coupé en fines lamelles
80 g de pruneaux, coupés en morceaux
50 g de noisettes, concassées
sel, poivre

Faire revenir le bacon à la poêle jusqu'à ce qu'il soit bien doré puis égoutter sur du papier absorbant et laisser refroidir.
Griller à sec les noisettes concassées, au four ou à la poêle (mais bien surveiller, ça crame vite !).
Dans un grand saladier, mélanger la farine, la levure, le sel, le poivre et le fromage râpé. Creuser un puit au milieu.
Dans un saladier plus petit, mélanger les oeufs légèrements battus et le lait.
Ajouter d'un seul coup au mélange sec le lait et les œufs, l'huile, le bacon, les noisettes et les pruneaux. Remuer avec une cuillère en bois.
Verser la préparation dans un moule à cake puis mettre au four préchauffé à 200°C pendant une vingtaine de minutes. Le cake est prêt quand une lame de couteau insérée dedans ressort sèche.

cake-lardons-pruneaux-noise.jpg

Velouté glacé de cresson

Pour 6 petits mangeurs de soupe ou 4 gros (je parle pas de leur tour de taille hein, juste de leur appétit)

1 grosse botte de cresson
2 échalottes
1 grosse pomme de terre
1 litre de bouillon
150 ml de crème liquide
sel, poivre

Faire suer les échalotes dans un peu de beurre. Quand elles sont bien tendres, ajouter les cresson, la pomme de terre coupée en dés et le bouillon, Assaisonner au goût puis porter à ébullition et laisser mijoter pendant une vingtaine de minutes.
Quand les pommes de terre sont tendres, mixer la soupe et ajouter la crème liquide,
Laisser refroidir puis mettre au frais au moins 3 heures, et servir avec un trait de crème.

veloute-cresson.jpg

juillet 15, 2006

Smoothie du flamand rose

Ce n'est pas un scoop, il fait chaud. Très chaud. Trop pour faire à peu près tout, et du coup on fait à peu près rien. Même là, être devant l'ordi c'est à peine tenable. Le doigts colle à la touche, le poignet à la table, des gouttes de sueur pas archi-glamour ruissellent partout où l'anatomie (la mienne en tout cas... no comment) à eu la délicate idée de placer des goutières naturelles, et j'ai soif, j'ai re-soif' et j'ai encore re-re-soif. Je picole à longueur de journée. Du thé glacé, de l'eau qui bulle (type P****** ou S** P*********), mais aussi je dois bien l'avouer pas mal de smoothies. Je suis un genre d'Ayatollah du blender et je lui saute dessus dés qu'une occasion se présente, or comme c'est une période de l'année où il est facile de craquer sur tout plein de fruits gourmands, ben... les occasions j'en ai plein mon frigo. Et moi comme aurait dit Oscar Wilde "je peux résister à tout sauf à la tentation" (oui je suis une fille vachement cultivée qui a regardé toute la 1ère saison de la sordide île de la tentation sur TF1 qui avait choisi cet aphorisme du grand Oscar comme teaser de son émission... ah comment les français pourraient-ils sustenter leurs esprits si TF1 n'existait pas ?...). Du coup je smoothize à tour de bras. Petite collation à 10h, petite dessert du midi, petit goûter à 4h, petite douceur du soir pour rafraîchir mon Bernard l'Arno, bref à la maison depuis quelques temps le blender (et la sorbetière mais j'en reparlerai plus tard...) ne regagne jamais son placard.
Et hier il a particulièrement bien fait de sortir de sa tanière. Je suis partie de mes souvenirs d'un smoothie bu dans mon bar à jus préféré (Juice for life), un nectar fait de pastèque, de fraise et de banane qui s'appelait "the pink flamingo", et c'était... fabuleux. Je suis prête à rembourser (en dollars canadiens) les coûts investis dans cette mixture à quiconque la réalisera et en serait déçue, c'est dire.

Smoothie du flamand rose

pour 2 grands verres

1 bonne tranche de pastèque (1/8)
300 g de fraises
1 banane
une douzaine de glaçons

Mettre le tout dans un blender et déguster 2 minutes après !

pink-flamingo-smoothie.jpg

juillet 10, 2006

Bévue abricotée pour confiotte ensoleillée

Ca y est c'est officiel, le temps des petits déj' pris au lance-pierre dont je me plaignais il y a quelques temps est bel et bien fini, over, terminé. Ouf. On lambine désormais en pyjama jusqu'à ce que les gargouillis nous rappellent à l'ordre et nous fassent paresseusement sortir le beurre du frigo et mettre le pain dans le toaster. C'est alors que le fait de mitonner ses propres bonnes confitures prend tout son sens, et je dirais même donne tout son sens à la journée. Quiconque n'a jamais avalé une cuillère de Smuckers au saut du lit croira que j'en rajoute, les autres ânonneront devant leur écran.
J'ai pour habitude de commencer le stock de confitures estivales par une bonne vingtaine de pots à l'abricot puisque c'est de loin la préférée du Bernard l'Arno qui se révèle alors TRES généreux avec ses tartines. Samedi dernier, j'ai donc coupé mes 3 kilos d'abricots pour réaliser la confiture traditionnelle telle que je la pratique sans aucune originalité depuis déjà pas mal d'étés, c'est à dire en gros : mes abricots, la moitié du poids en sucre, et hop on fait bouillir avec les amandes des noyaux des abricots (fastidieux à préparer mais qui donnent à cette confiture ce petit goût si singulier). Mais voilà que samedi, alors que mes abricots sont dans le confiturier avec le sucre pour macérer un peu, le téléphone sonne. C'est ma copine Hélène qui appelle de France. Chez elle il est 10 heures du soir, je vais quand même pas la faire rappeler. De toute façon je suis pas pressée, mes abricots peuvent confire dans le sucre autant qu'ils veulent, y'a pas le feu au lac. Je m'abandonne donc à la conversation autour de son bidon qui s'arrondit, notre maison qui se remplit de cartons, les recettes réalisables avec la mangue séchée que je lui ai envoyée, et tout plein d'autre trucs super importants, tout en laissant les enfants et la maison sous l'unique responsabilité du Bernard l'Arno. Les heures passent (oui on est un peu bavardes avec Hélène...), tout le monde semble affairé, et c'est toute sereine que je rejoins donc ma cuisine avec l'oreille cramoisie.Et là... stupeur !
La cuisine a été complètement rangée et nettoyée. Le confiturier est toujours posé sur la gazinière, rempli d'abricots et du sucre désormais fondu, mais mes noyaux ont disparu. J'ai beau chercher partout, ils ne sont plus là, pfffft envolés. J'appelle alors le Bernard l'Arno à la rescousse pour lui demander s'il ne pourrait pas de ses yeux bioniques me les retrouver, mais... il n'a aucun besoin de solliciter ses super pouvoirs pour savoir où ils sont et il m'assène froidement, et avec un sourire des plus satisfaits, un " ouais je les ai jetés, pis j'ai tout cleané et j'ai même descendu la poubelle t'as vu". Vous imaginez ma mine déconfite devant ce geste plein d'attention et même, n'ayons pas peur des mots, d'amour (domestique). L'amour avait donc eu raison de mes noyaux (si on m'avait dit qu'un jour j'écrirais cette phrase j'aurais demandé à ce qu'on m'enferme sur le champ !).
Mes abricots devaient pourtant finir en confiture et donc je devais vite improviser un plan B, alors hop des oranges dans la coupe à fruits pour aporter un petit plus acidulé, et puisque je n'ai plus les amandes des noyaux je tente de vraies amandes, celles de l'amandier quoi, et... grand bien m'en a pris ! Je crois que cette nouvelle version accidentelle de la confiotte a détrôné l'ancienne. Les 20 pots ne vont pas faire long feu puisque nous sommes maintenant 2 à nous montrer déraisonnablement libéraux avec nos tartines !

Confiture d'abricot à l'orange et aux amandes

3 kg d'abricots, dénoyautés et coupés en morceaux assez petits (bien prendre soin de jeter les noyaux !)
1.5 kg de sucre
2 oranges
100 g d'amandes mondées, coupées en morceaux

Laisser macérer les abricots et le sucre pendant quelques heures, en remuant éventuellement de temps à autre.
Zester finement 2 oranges, en extraire le jus et ajouter le tout aux abricots.
Placer une soucoupe au congélateur.
Amener le mélange à ébullition puis laisser bouilloner en écumant (au début seulement, après ce n'est plus nécessaire). Au bout de 20 minutes, ajouter les amandes.
Au bout d'1/2 heure de cuisson, tester la consistance de la confiture en déposant une cuillère du mélange sur la soucoupe juste sortie du congélateur et l'incliner. Si la confiture dégouline, elle peut cuire encore, si elle fige, elle est prête.
Mettre la confiture dans des pots immédiatement, visser les couvercles et les retourner pendant 1 ou 2 heures (ne pas oublier de leur remettre le couvercle en haut après ce temps sinon la confiotte restera collée au couvercle !). Les pots se conservent parfaitement pendant plusieurs mois si le "plop" du couvercle est bien rentré vers l'intérieur du pot (je suis pas claire là je pense...), si non c'est que la stérilisation n'a pas marché et là il faut manger la confiotte rapido.

confiture-abricot.jpg

Bon et puis je ne résiste pas à l'envie de vous montrer le cadeau que je me suis fait tout à l'heure et qui attend déjà bien sagement dans le congélo... je n'ai jamais utiliser cette bête là mais je ne demande qu'à apprendre et j'ai des cobayes très partants à la maison pour tester mes tatonnements de sorbets, crèmes glacées et autres "sherbets". Ca va turbiner sec par ici dans les semaines à venir !

ice-cream-maker.gif

juillet 05, 2006

La recette tenue secrète par le lobby des pharmaciens parce que sinon ils ne vendraient plus un cachet de Prozac

Oui, c'est énorme. Un truc de ouf en fait (ouais je sais qu'on ne doit pas dire "truc de ouf" tellement c'est ridicule, d'ailleurs je le rappelle sans arrêt à mes élèves... mais faut reconnaître que c'est trop de la balle de dire "truc de ouf").
Quand vous allez voir la photo vous allez vous dire "P*#&%$ mais pour qui elle se prend l'autre avec sa feuille de chou à 2 balles là, elle va pas m'apprendre à faire la tarte aux pommes quand même". En effet, je ne prétend aucunement apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit (juste si je pouvais un jour apprendre vraiment à Pimpreton à viser le centre de la cuvette et non celui du réservoir de la chasse d'eau ce serait déjà pas mal... d'autant qu'il pourrait refiler le tuyau à son père...bref, je m'égare). Surtout pas la recette de la tarte aux pommes. D'autant que la mienne n'était pas parfaite car j'avais utilisé des pommes de la variété Pink Lady qui décidément sont meilleures crues que cuites. Donc non le secret n'est pas dans les pommes.
Bien sûr ce billet pourrait être l'occasion de crâner avec mon nouveau moule-à-tarte-rectangulaire-à-fond-amovible-qui-fait-trop-des-tartes-qui-en-jettent. Mais c'est pas du tout mon genre ça de me la péter sur l'hallucinante allure digne des vitrines de Ladurée et autres Hermé de ma tarte aux pommes. Alors c'est pas ça non plus la révélation qui a changé ma vie (je surveille les appels à témoins de Mireille Dumas sur ce thème d'ailleurs, je me dois de partager ce secret avec le plus grand nombre).
Mais qu'est-ce donc alors ? Je vais vous le dire mais accrochez-vous à vos tabliers, ça va vous en mettre un coup. Plus fort que l'énigme du Da Vinci code, plus puissant que le mystère de la princesse Anastasia, plus bouleversant que Romy Schneider dans Sissi... J'ai trouvé LA recette de la pâte sablée, celle qui fait demander en mariage, décrocher la lune, chanter Joe Dassin sous la douche et même sortit les poubelles sans trainer les pieds. Et le tout en 10 minutes montre en main. Je vous avez prévenus, c'est pas de la gnognote.
Et si vous avez un doute (face à toutes les révélations, Galilée m'en soit témoin, il est toujours une poignée d'irréductibles incrédules) prenez les 10 minutes nécessaires pour l'essayer et après on en reparle. Et la bouche pleine à mon avis.

La pâte sablée qui a changé ma vie

Pour une grosse tarte aux pommes ou à autre chose (bon peut être juste éviter les choux de Bruxelles...)

100 g de beurre
60 g de sucre glace
30 g de poudre d'amandes
1 jaune d'oeuf
200 g de farine
1 pincée de sel

Dans un saladier, travailler le beurre en pommade. Ajouter le sucre glace, la poudre d'amandes, le jaune d'oeuf, le sel et 2 cuillères à soupe de farine. Bien mélanger.
Quand l'ensemble est bien homogène, ajouter le reste de la farine en travaillant la pâte à la main.
Etaler la pâte avec les doigts (mission impossible avec un rouleau à patisserie je pense), cuire 15 minutes à 200°C / 400°F avec une garniture ou à blanc... et aller siffler sur la colline, l'attendre avec un bouquet d'églantines, zaï zaï zaï zaï... zaï zaï zaï zaï...

tarte-pommes-part.jpg

Et juste parce que bon quand même faut reconnaître que la tarte rectangulaire, ça le fait... tadaaaa !

tarte-pommes-entiere.jpg

juillet 01, 2006

Détournement de KKVKVC#10, trois-feuilles à l'orange pour les nuls de la pâte feuilletée

Voilà des jours que j'en tremble dans mes tongues... Dorian il veut qu'on fasse un mille-feuille avec des vraies feuilles en pâte vraiment feuilletée par nous et non par le boulanger ou le congélateur. Bon de toute façon ça tombe bien, la pâte feuilletée surgelée que je trouve dans mon supermarket est innommable (mais je peux quand même donner son nom, Tenderflake de chez Maple Leaf...) aussi feuilletée qu'un parpaing et avec un inimitable goût de substitut de beurre... et celle de mon boulanger (portugais) est réservé à la confection de ses pasteis de nata et il ne veut pas m'en vendre, même pas un tout petit peu (et ce malgré mes supplications et même mes propositions indécentes... oui ben je suis pas Demi Moore non plus).
En ce samedi de fête nationale (Canada day) et de match de l'équipe de France, pas question de se lancer dans une pâte feuilletée de bon matin, alors que les 2 enfants sont en roue libre vu que papa et tout le reste du quartier (j'habite Portuguese village... jour de match du Portugal ET du Brésil... on a tenté de se faire discrets nous les frenchies pour pas de faire pendre en place publique today) sont en train de suer comme des malades pour se qualifier en demi-finale. Moi je suis encore vierge du feuilletage et je veux me préparer comme il se doit pour ce grand jour où j'oserai me livrer à Monsieur Pâte feuilletée. Pas question de tenter le coup en faisant en même temps des hamburgers en pâte à modeler et en berçant le transat du pied droit.
Or le Kiki il se termine demain et il n'est pas question que je me défile encore un coup en ne participant pas du tout. Alors du coup je triche. Oui je l'avoue je triche. Je pourrais dire " oué moi je suis une fille tellement trop originalement spéciale que j'ai recréé le millefeuille tu comprends", et même si c'est pas complètement faux en un sens ben, la vérité vraie c'est que... j'ai triché.
Mon mille-feuilles ne contient pas une once de pâte feuilletée. Des feuilles il en a ça oui... mais 3. Du coup, comme j'étais plus à une hérésie près, j'ai fait une crème pas patissière et j'ai rajouté des fruits. Si on débarque chez moi ce soir pour me brûler vive faudra pas que je fasse l'étonnée, entre mon mille-feuille et le résultat du match contre le Brésil...
Je refile quand même la recette parce que c'était vraiment vachement super mortel, mais je comprendrais Dorian s'il me disqualifie. C'est un peu comme participer aux championnats du monde du 100m en portant des rollers au lieu des baskets réglementaires. Euh mais pourquoi est-ce que je vous raconte ça moi ?

Trois-feuilles à l'orange

Pour 4 trois-feuilles (soit 12 feuilles... allez plus que 988)

12 feuilles pour won ton (ou 12 carrés de filo, ça marche aussi je pense)
2 oranges non-traitées
4 cuillères à soupe de mascarpone
2 oeufs
100 ml de crème entière
6 cuillères à soupe de sucre
1 cuillère à soupe de Grand-Marnier
un peu de beurre fondu

Disposer les feuilles de won ton sur une tôle à biscuits, les badigeonner de beurre au pinceau et les saupoudrer de sucre. Mettre sous le grill du four pendant 2 minutes, les retourner puis répéter l'opération beurre / sucre / grill. Réserver.
Finement zester une orange, blanchir les zestes dans l'eau bouillante pendant 2 minutes. Egoutter.
Faire un sirop avec 4 cuillères à soupe d'eau et 2 cuillères à soupe de sucre. A ébullition y mettre les zestes blanchis et laisser confire une dizaine de minutes. Egoutter et réserver 2 cuillères à soupe de sirop.
Peler à vif les oranges puis les trancher finement. Faire revenir les tranches à la poêle avec un peu de beurre et 2 cuillères de sucre en poudre. Les retourner quand elles sont bien dorées puis laisser caraméliser encore 2 minutes. Réserver sur du papier absorbant.
Dans un saladier battre vigoureusement le mascarpone, les oeufs, le sirop réservé, le Grand-Marnier et les zestes (en garder quelques uns pour décorer). Monter la crème en chantilly puis l'ajouter au mélange au mascarpone.
Procéder au montage : une feuille de won ton, une cuillère à café de crème au mascarpone, une tranche d'orange, une feuille, de la crème, l'orange, une feuille, et on termine par de la crème. On décore avec un quartier d'orange , quelques zestes confits et un petit brin de menthe, de basilic ou même de lavande pourquoi pas.

mille-feuilles-orange.jpg