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août 30, 2006

Carrés d'agneau en croûte de cajou, ou pourquoi je veux acquérir la nationalité néo-zélandaise

Pour la première fois de ma vie de végétarienne ayant viré sa cutie j'ai cuisiné des côtes d'agneau. Il y a encore peu de temps, l'idée de manger ce bébé mouton m'aurait levé le coeur (oui j'ai mon côté très cucul sur le sujet, enfin j'avais... n'oublions que jusqu'à l'âge de 10 ans les poules étaient pour moi des "cocottes", les vaches des "meumeu", les canards des "coincoin"...) mais après les travers de cochon j'ai accompli un nouveau pas dans ma vie de carnivore, et pas des moindres. Et ce grâce à qui ? A mon médecin.
Mon médecin n'est pas éleveur de brebis. Ni même un surfeur néo-zélandais. Juste un petit monsieur ventru, chauve et pas très sympathique qui sait assez m'intimider pour que je ne sorte pas de son cabinet en le prenant pour un branquignolle. Bref... le monsieur en question m'a un peu sermonnée la semaine dernière après les résultats de ma dernière prise de sang. Il paraîtrait que je suis ENCORE anémiée. Il paraitraît que je ne mange pas assez de viande. Moué... Y'a plein de végétariens qui sont pas anémiés, m'est d'avis qu'il bourre le mou le doc là. Toujours est-il que quand j'ai dit ça au Bernard l'Arno, il a encore une fois eu un geste que je n'oublierai jamais, une attention amoureuse dont seuls les êtres exceptionnels ont le secret, une preuve d'engagement qui emeuvrait (hum... SOS Bescherelle !) toutes les midinettes de la terre. Il m'a acheté des carrés d'agneau.
S'il m'avait offert des boucles d'oreille en diamants je me serais empressé de les porter, là je n'allais pas faire monter mes côtes d'agneau sur or blanc donc je me suis plutôt empresée de leur faire des croûtes (je suis décidément une fille trop classe moi ). Depuis je songe sérieusement à demander l'asile sanitaire en Nouvelle-Zélande. Pour mon anémie hein, rien à voir avec les surfeurs of course !

Côtes d'agneau en croûte de cajou

inspirées du "Macadamia crusted lamb" du magazine Saveur de mai 2006

pour 4

2 tasses de noix de cajou, grillées à la poêle
1/2 tasse de persil plat
10 brins de thym frais
2 cuillères à soupe de miel
4 gousses d'ail
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 kg de carrés d'agneau

Préchauffer le four à 450°F / 250°C.
Au robot, mixer ensemble les noix, le persil, le thym, le miel et l'ail jusqu'à obtenir une grosse chapelure. Saler, poivrer au goût.
Faire chauffer l'huile d'olive dans une poêle et faire dorer l'agneau côtés arrondis vers le bas jusqu'à ce qu'il soit bien doré (soit 2-3 minutes).
Dans un plat à four, diposer les carrés d'agneau, côtés arrondis vers le haut, et faire rôtir 10 minutes. Sortir la viande du four et presser le mélange aux noix de cajou sur les côtés arrondis des carrés d'agneau jusqu'à les recouvrir complètement.
Remettre au four environ 7-8 minutes.
Sortir du four et laisser reposer 5 bonnes minutes sous du papier aluminium. Découper en 4 portions.

J'ai servi ça avec une simple réduction de miel (1/4 de tasse) et de vinaigre balsamique (1 tasse) et c'était parfait !



août 23, 2006

Petites bouchées tomate-sardine spéciale Blog Appétit

Et de 3 ! Une autre participation encore une fois in extremis à Blog Appetit (cf Blog Appetoche #7). Ca casse pas 5 nageoires à un maquereau mais au moins cette fois j'ai accueilli les 2 invités avec hospitalité sans en laisser un à la porte du frigo (pas comme pour Blog Appetit #8 quoi...).
Il se trouve pourtant que Madame Sardine et moi ne sommes pas de super copines. On se déteste pas mais on s'ignore cordialement et on s'arrange pour s'éviter sans mépris, et ce même en plein été. Je ne pense jamais à elle et elle n'a jamais fait le premier pas pour que nos relations deviennent plus chaleureuses. La seule occasion où je l'invite parfois, par convenance sociale je dois bien le confesser, c'est dans mon panier de pique-nique, enfermée dans une boîte et baignant dans l'huile. Lecteur qui viendrait chercher ici une bonne recette de filets de sardines bien frais, passe ton chemin. Ici la sardine est un animal qui vit dans une boite rectangulaire et n'a pas de tête.
La tomate elle est une vieille potine, on se voit tous les jours et on ne s'en lasse pas. Elle vient comme elle veut, en jus beaucoup, en petites cerises pas mal aussi. Là pour l'occasion j'ai invité Miss strawberry tomato (tomate fraise en français ?). Plus grosse que sa cousine cerise elle est plus facile à farcir de divers trucs et machins, chauds ou froids. Là comme j'ai encore fait ça en 30 secondes au dernier moment c'est froid évidemment.
C'est rigolo à faire, à regarder et à manger, donc ça méritait quand même de finir dans nos estomacs. Et pour l'instant ils n'ont pas l'air de s'en plaindre (H+1) !

Mini-tomates farcies à la crème de sardine à l'avocat

Pour une vingtaine de bouchées

une vingtaine de tomates fraises (???)
100 g de sardine à l'huile en boîte
1 avocat bien mûr
2 petits oignons nouveaux (le vert et le blanc)
80 g de fromage frais (cream cheese pour moi, mais du Carré Frais ou même de la brousse ou de la ricotta feraient sûrement l'affaire)
1 citron vert
1 cuillère à soupe de sauce Worcestershire
sel, piment de Cayenne (au goût)

Couper le haut des tomates (ne pas jeter les chapeaux hein malheureux !), les évider, les saler puis les laisser dégorger une demi-heure dans une passoire.
Pendant ce temps préparer la crème en mixant ensemble les oignons, les sardines (en ayant enlevé les arrêtes avant hé hé !), l'avocat, le fromage frais, le citron, la sauce Worcestershire, le sel et le piment de Cayenne.
Rincer puis sécher les tomates et couper une fine tranche du dessous afin qu'elles puissent tenir debout toutes seules comme des grandes.
A la poche à douille, remplir l'interieur des tomates de la crème de sardine à l'avocat. Remettre les petits chapeaux, avec la 'tite queue c'est encore mieux. Et hop une bouchée !

tomate-sardine.jpg

août 22, 2006

3 gourmandises autour de la pâte de pistache et des péripéties paternelles

Bon, voilà, ça y est, les parents ont regagné leur pénates et leurs petites habitudes made in France. C'était super de les voir et tout ça, oui bien sûr c'était trop top la fête et tout et tout. Mais surtout, leur venue m'a permis de rentrer dans le club ultra sélect de "celles-qui-ont-de-la-pâte-de-pistache-dans-leur-frigo".
Ben forcément... Avant de venir nous voir ils ont commis la même erreur que chaque fois : nous demander si on avait besoin de quelque(s) chose(s) bien de chez nous. Comme d'habitude grand mal leur en a pris ! Après mon caprice pour avoir en ma possession torontoise de quoi faire de belle chouquettes (j'ai nommé le sucre perlé, adorablement envoyé par mon frérot), après mon caca nerveux pour dégoter de la pralinoise (encore une fois merci Nico), il me fallait cette fois de la pâte de pistache. C'est pas que j'avais jamais essayé avant de me procurer cet indispensable ingrédient, mais le sort s'acharnait chaque fois contre moi pour me faire convoiter encore davantage la pâte mystérieuse. Introuvable à Toronto j'ai bien tenté d'en commander en ligne, mais...pas moyen. Le Baker's catalogue refuse de livrer au Canada, les sites français aussi (heureusement car mon caprice était tel que j'aurais pu payer les 89 euros de port pour me faire envoyer le pot à 29 euros), bref il ne me restait plus qu'un espoir. Enfin deux. Mon pôpa et ma môman. (Au passage si des canadiens me lisent je suis preneuse pour tout tuyau concernant la contrebande de pâte de pistache dans notre beau pays...)
J'en ai donc commandé via Patiwizz, l'ai faite envoyer à mes parents et les ai chargé de bien protéger entre leurs chaussettes le pot sacré. Mais quand mon paternel a reçu le pot, il était moyen content (le géniteur est de toute façon moyen content de nature, un croisement entre le schtroumpf grognon, le pote de Blanche-Neige nommé Grincheux et John Goodman... oui je sais papa c'est pas facile à lire mais... oui tu ressembles à John Goodman !), 1kg de pâte de pistache ! Lui qui pèse ses caleçons et sa brosse à dents pour pas dépasser le poids de bagage autorisé par la compagnie aérienne, voilà que je lui colle 1 kg de pâte de pistache dans sa valise (en plus des 15 kg de bouquins à me rapporter, des cadeaux que toute la famille leur confie pour nous gâter, des boîtes de Granola, Paille d'or, et autres Oursons que leur réclame leur petits-fils pas vraiment converti aux biscuits nords-américains, et 2-3 autres broutilles genre mon moule à Kougloff en terre cuite). Du coup mon papounet ronchon n'a pu emporter que 3 strings et 2 mini shorts pour ses vacances ici, ça lui a valu des brûlures au 3ème degrés sur les épaules (vu qu'il était contraint de se balader torse nu faute de place pour ses T-shirts), des échauffements douloureux là où ça fait vraiment mal (pour cause de morphologie inadaptée au port du string) et une hernie discale pour avoir porté des valises pesant le poids d'un âne mort du tapis de l'aéroport au coffre du taxi (sur une petit chariot). Donc autant vous dire que j'en ai entendu parler de ce magnum de pâte de pistache, à peine sortis de l'avion et quasiment jusqu'à ce qu'ils y remontent ! Mais après une boule de glace, une tranche de cake et un petit financier... il semblerait que les échauffement ne fassent plus si mal que ça, que les brûlures ne soient plus qu'au 1er degrés, et que la hernie ne soit plus si discale finalement. Presque plus efficace qu'une bouteille from Lourdes mon pot de pâte de pistache !

Glace à la pistache façon gelato

4 jaunes d'oeuf
1/2 tasse de sucre
2 tasses de lait
1 tasse de crème liquide
1 cuillère à soupe de pâte de pistache
1/3 tasse de pistaches non salées

Porter le lait, la crème et la pâte de pistache à ébullition.
Pendant ce temps fouetter les jaunes d'oeuf et le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Verser progressivement le mélange bouillant sur les jaunes en remuant constamment.
Remettre le tout sur le feu jusqu'à ce que la crème nappe le dos d'une cuillère en bois et que le doigt laisse une trace bien nette quand on le passe dessus. Ne surtout pas faire bouillir (sinon c'est une glace à l'oeuf et à la pistache que vous obtiendrez) !!
Laissez refroidir puis réfrigérer au moins 6 heures.
Concasser puis torréfier les pistaches à la poêle.
Faire turbiner la crème en sorbetière une vingtaine de minutes avant d'ajouter les pistaches. Laisser turbiner encore 5-10 minutes (enfin ça ça dépend sans doute des machines hein).
Moi j'ai servi ce gelato sur un palet breton... hérésie géographique mais pas papillesque !


(La photo a été prise à une heure indue, dans un état de délabrement avancé et sous une lumière électrique des plus vilaines... dommage elle ne fait pas vraiment honneur à cette glace pourtant divine et qui, je vous le jure sur les strings de mon père, était d'un beau vert tendre et non d'un moche beige vomi)


Mini-financiers à la pistache et aux framboises

Pour environ 25 mini-financiers

150 g de sucre glace
150 g de blancs d'oeufs (environ 4 oeufs... pour utiliser les blancs après avoir fait la glace par exemple !)
120 g de poudre d'amande
50 g de farine
110 g de beurre
1 cuillère à soupe de pâte de pistache
1 goutte d'extrait d'amande
une barquette de framboises

Faire fondre le beurre dans une casserole, et le laisser brunir environ 2 minutes après l'ébullition. Oui bon ok... faire un beurre noisette quoi.
Dans un saladier mélanger le sucre, la poudre d'amande et la farine tamisés.
Ajouter les blancs d'oeufs battus (mais pas en neige), la pâte de pistache tiédie ainsi que le beurre tiède.
Mélanger jusqu'à obtenir une pâte bien homogène, puis laisser reposer une demi-heure.
Remplir les mini-moules (ou les mini-caissettes... ce que vous avez quoi) aux 3/4 et déposer une framboise sur le dessus de la pâte.
Enfourner immédiatement dans un four préchauffé à 380°F/180°C et laisser cuire une dizaine de minutes.


Gâteau marbré vanille-choco-pistache

200 g de farine
10 g de levure chimique
4 oeufs
200 g de sucre glace
6 cuillères à soupe de lait tiède
150 g de beurre
1 cuillère à soupe de cacao amer
1 cuillère à soupe de pâte de pistache
1 cuillère à café d'extrait de vanille

Dans un saladier, fouetter les oeufs et le sucre jusqu'à ce le mélange devienne mousseux.
Incorporer d'abord la farine et la levure, puis le beurre fondu.
Diviser cette pâte en 3 parties égales. Ajouter 2 cuillères de lait et l'extrait de vanille dans la première, la pâte de pistache et 2 cuillères de lait dans la deuxième et le cacao amer dissout dans les 2 dernières cuillères de lait dans la troisième.
Verser les 3 couches de pâte l'une après l'autre dans un moule à cake.
Faire cuire 45 minutes dans un four préchauffé à 380°F/180°C.


Les pros des maths auront remarqué que je n'ai pour l'instant utilisé que 3 cuillères à soupe de mon pot de 1 kg (enfin 4 parce que la glace est tellement bonne que j'en ai déjà refait...), il m'en reste donc environ 97. Alors si vous avez des idées à me soumettre pour en faire bon usage, faut pas hésiter !

août 11, 2006

Fini les playmobil, vive la dinette !

Devant les mails inquiets de certains face à mon silence (qui c'est bien vrai ne me ressemble pas !) et le récit de ma dernière aventure culinaire peu glorieuse je prends 5 minutes pour vous rassurer : j'ai survécu à cet outrage à la gastronomie et suis juste un peu dépassée par les événements.
D'abord j'ai déménagé il y a 2 semaines et je suis pas mal occupée à ranger, nettoyer, déballer, me demander pourquoi j'ai emporté ce truc (une cuillère en bois toute rognée qui a finalement servi à touiller un pot de peinture pas mal épaissie, une passoire qui a perdu son manche, des magazines de cuisine dont j'ai déjà découpé toutes les recettes qui m'intéressaient, etc), trouver une place pour tout, meubler avec le reste, bref je déménage quoi. Mais ce n'est pas tout, il y avait un petit détail... enfin petit... un quintal ou deux quand même... 3 mètres et quelques en tout... un impondérable avec lequel il fallait composer. Lequel ? Mes parents.
Et oui il était convenu de longue date, bien avant qu'on décide même de déménager, que mes parents traverseraient l'Atlantique pour voir leur petite fille (presque 7mois) pour la première fois cet été. Ils ont pris leurs billets en mars, l'ont payé le prix d'un séjour aux Bahamas avec cocktails à volonté et massages des orteils quotidien, ils arriveraient donc le 31 juillet et il n'était pas question de revenir là-dessus. On ne les a pas vus depuis 18 mois, on les accueilles le 31, point . Même en déménageant le 29.
Donc me voilà depuis 2 semaines avec des cartons qui ne se vident pas, deux enfants qui découvrent leur nouvel environnement (je traduis pour ceux qui n'ont pas encore de progéniture ou ont oublié les joies des moins de 6 ans, "découvrent leur nouvel environnement" = bordelisent leur nouvel espace et ont des angoisses nocturnes et/ou cauchemars à tour de rôle ou simultanément toutes les 2 heures entre 22h et 6h), deux touristes francophones only à guider dans une ville en VO la journée et à qui faire la causette autour d'un repas décent le soir, et un Bernard l'Arno toujours pas en vacances pour prendre un peu le relais sur un des trucs précédemment cités. Bref la Framboise rame un poil mais... elle a changé de cuisine. Elle a troqué sa cuisine de Little People pour une vraie cuisine Fisher Price comme celle de maman. De belles séances de dinette en perspective. A suivre sur la feuille de chou dés qu'elle sort de sa torpeur estivale !

Avant :

kitchen-2004.jpg

Après :

kitchen-2006.jpg

Je précise juste que comme toujours ici, on prend possession d'une cuisine avec son électroménager (qui appartient à la maison pas à ses habitants... pas le même esprit de propriété que chez nous les européens !) et que donc la télé du fond fait partie de ce que nous avons trouvé en arrivant. Et une des premières choses que nous avons descendues au sous-sol aussi ! Vais pas regarder License to grill en émincant mes oignons non plus, ça pourrait être dangeureux pour mes doigts et ma santé mentale je pense.