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janvier 27, 2007

Vegan cupcakes et : 1 bougie soufflée, 1 blog déballé et 1 peu de Ch'nord exporté

Mes amis y'a des dimanches comme ça où on a encore moins envie que d'habitude d'être à lundi. Celui de demain je peux pas encore dire, mais dimanche dernier était un genre de 9,6 sur l'échelle de Richter du dimanche de la 4ème dimension. Truc de ouf (oui je sais, encore un).
Bon alors déjà j'étais d'une humeur bizarre vu qu'on célébrait ce jour là le 1er annif de Pimprenille. Je vous l'ai déjà dit, moi les birthdays de ma progéniture ça me rend toute chose. Là j'avais quand même réussi à limiter la casse grâce à une gastro carabinée qui a atteint toute la famille il y 15 jours et qui avait mis ma Pimprenillette dans un sale état pour le jour J de “ses” 1 an. J'ai jamais compris pourquoi la faute de grammaire du “ses” était de rigueur et qu'on passe pour une débile si on dit “son” 1 an, pourtant grammaticalement irréprochable. Bah, allez, va pour “ses” 1 an, de toute façon à partir de 2 y'a plus de problème alors je vais arrêter de me le jouer intégriste de l'accord. Alors bon donc, reprenons, j'en étais où moi. Ah oui le vomi par hectolitres et les machines qui tournent nuit et jour avec de la javel dedans. Grand moment de complicité familiale que celui-là... je t'aime tellement ma tendre épouse que ton vomi (certes me tire un petit chouille grave au coeur quand même) ne me fait même pas dégueuler mes tripes dans la minute (attends ton tour, toi ce sera dans 2 jours) et que même je t'apporte la bassine, te la vide, te la lave, te la rapporte, te la vide, te la rapporte, te la rapporte, te la rapporte. Je t'aime tellement mon Pimpreton que quand tu viens te glisser à 3h du matin dans le lit de papa et maman couvert de m... des cils aux genoux et que tu me passes ta main (couverte de chocolat tempéré) dans mes cheveux (courts certes, mais n'empêche) en disant “Maman réveille-toi, il y a quelqu'un qui a fait du caca partout dans mon lit et même sur moi”, je te change tes draps illico et les mets à la machine pendant que papa prend une douche avec toi (et juste après ce sera mon tour hein, pas le choix...). Bref c'était notre première gastro en quatuor, et cette cochonnerie aura au moins conforté 2 de nos certitudes les mieux ancrées : 1) on est une putain de vraie famille Playmobil (2 parents pas encore divorcés, 2 enfants chacun de sexe différent, et de l'amour plein les tripes même quand elles ne demandent qu'à se réfugier au fond des chiottes), 2) il faut vraiment que j'arrête d'utiliser cette merdasserie de lessive écolo qui te laisse la tâche ET l'odeur du gerbis après 3 lavages. Bon. Avec tout ça (dites-donc je suis d'une grâce rare moi ce soir), j'en étais où ? Euh... j'ai perdu le fil.
Revenons-en à la bougie de Pimprenille. J'ai bien glauqué le jour J, revivant minute par minute le jour de sa naissance (bon comme le travail a duré 1h30, ça va ça m'a pas pris toute la journée non plus), et versant une larme chaque fois que je croisais son regard ce jour là. Elle a dû me prendre pour une givrée et m'a bien fait comprendre qu'elle me trouvait un poil collante d'un coup (le fameux “Maman pousse-toi”, à grands renforts de doigts dans les yeux). Du coup 6 jours plus tard quand on a fêté son anniversaire pour de vrai, on avait le moral à bloc, la gastro avait quitté les lieux (même si personne ne se sentait vraiment d'attaque pour un confit, et toujours pas d'ailleurs) et on pouvait faire un gâteau. Chouette un gâteau ! Mais... quoi comme gâteau pour une louloute de juste 1 an, qui sort d'une gastro, et les 3 autres pignoufs avec qui elle partage le gâteau aussi. Ben... des super cupcakes végétaliens ! Sans oeufs, sans lait, mais avec un glaçage dessus et tout le côté ludique du cupcake. Ceux-là furent à la vanille avec du yaourt étalé dessus en guise de glaçage, et cette recette est sur le point de devenir un classique ici. Bluffants qu'ils sont ces cupcakes !

Vegan vanilla cupcakes
(d'après une recette de la géniallissime vegan lunch box de shmooed food)

Pour 12 cupcakes

350 ml de lait de soja à la vanille
1 cuillère à soupe de vinaigre de pomme
250 g de farine
2 cuillères à café de levure chimique
½ cuillère à café de bicarbonate
½ cuillère à café de sel
150 g de sucre
120 ml d'huile de colza
1 cuillère à café de vanille en poudre

Préchauffer le four à 375°F / 180°C.
Mettre des collerettes dans les empreintes à muffins (un cupcake sans collerette c'est comme une raclette sans petits poêlons).
Mettre le vinaigre de cidre dans un verre doseur et couvrir de lait de soja jusqu'à atteindre les 350 ml. Bien mélanger et réserver au moins 5 minutes (le mélange doit “cailler” un peu, à la façon du buttermilk).
Dans un saladier, mélanger la farine, le sucre, la levure, le bicarbonate et le sel. Dans un autre saladier, mélanger le lait de soja buttermilkisé, l'huile, et la vanille. Ajouter les ingrédients secs aux ingrédients liquides et battre vigoureusement pendant 2 minutes (l'idéal étant là un batteur du genre de celui qui marche bien pour faire une mayo ou des blancs en neige).
Remplir les caissettes aux 2/3 et enfourner pour 20 minutes.
Faire refroidir sur une grille et déguster avec quelques cuillères de yaourt étalées sur le dessus.

vegan-cupcakes.jpg

Déjà, rien qu'avec ça, les yeux ronds de ma Pimprenille (et de son frangin... même pas jaloux) devant tous ces cadeaux juste pour elle, ses mains qui patouillent dans le yaourt et les miettes de cupackes et lui en étalent jusque dans les oreilles... de son père, ça vous comble une journée. Sauf que c'était pas tout. Sauf que j'avais 2 avis de passage du facteur dans ma boîte aux lettres et que je suis allée récupérer mes 2 paquets cet après-midi. Et là... la caverne d'Ali Baba !!!
Un premier coli de mon père Noël mystère du jeu ninniesque “Déballe mon blog”. Moi j'avais joué la mère Noël avec Madame Papilles, mais j'attendais toujours impatiemment MON colis surprise. Jusqu'à un mail... tristounet... de Peggy !! Oui Peggy, Mademoiselle Dolce Vita quoi ! Elle me disait toute déconfite que c'etait râpé pour le déballage de son blog car son colis devrait être arrivé depuis des semaines et que même s'il arrivait finalement, tout ce qu'il contenait ne serait plus du tout consommable (à moins de vouloir remettre le couvert gerbouillesque). J'en étais toute déconfite sur le moment (ben excusez-moi mais passer à côté de truc faits juste pour vous par Peggy, y'a de quoi être sacrément déconfite) jusqu'à ce que... je reçoive... un colis bis !! Oui un colis de rattrapage quoi ! L'est-elle pas mignonne cette Peggy ?! Elle m'avait refait un colis à déballer, comme ça vite fait, avec ce qu'elle avait sous la main. J'en étais toute bouleversifiée. Bien sûr elle n'avait pas eu le temps de me faire des machins pas possibles de ses petites mains mais elle avait rassemblé tout un tas de chouettes spécialités qu'elle aime bien. Et moi donc !!!!!!!! En vrac, dedans il y avait : des petits grains de café recouverts de chocolat (hé hé, ça te rappelle pas un autre petit colis Ninnie...), du sel au basilic et parmesan de chez Père Léon, du piment d'Espelette, du safran italien, des pastiglie Leone à l'absinthe (j'en suis dingue !!), des biscuits Granolas (elle avait repéré sur la feuille de chou que le sevrage de ces douceurs made in France était la composante la plus difficile de notre exil... Pimpreton a reconnu l'emballage sur le champ et s'est écrié “elle est gentille la copine de maman, je l'aime très très bien”... vautour va), de la moutarde aux 5 épices, et... une générosité blogguesque sans pareil. Merciiiiiiii Peggy !


Et puis comme si mon j'étais pas assez excitée comme ça, ma copine Hélène m'envoyait d'Arras un colis de Noël pour ma famille. Y'en avait pour tout le monde, et surtout... y'en avait pour moi ! Moi la boustifailleuse j'entends. C'est pas vraiment ici que je viendrais parler des colis de livres de linguistique espagnole ou de strings en lycra phosphorescents que je reçois en d'autres occasions. Donc pour moi, mon LN elle avait farfouillé dans son Ch'nord pour m'en envoyer un petit bout. Et ça donne : une bouteille de chicorée liquide (je meuuuuurs d'envide d'essayer ça dans une crème brûlée ou une glace ou pour glacer une viande), un pot de confiture d'endives à la rose, un autre d'endives aux figues, une chiconnette d'Arras (une endive en chocolat fourrée de feuillantine qui a eu du mal à durer le temps de la photo) et un sachet de sucre à la mangue (pas très ch'ti mais délicieux). Le tout avec des idées recettes fournies par les petits artisans qui ont fabriqué ces délices, et... beaucoup de douces pensées. Merciiiiiiiii ma lélène !

Après tant d'émotions vous comprendrez bien que je n'ai pas pu poster de la semaine, j'avais besoin de me remettre... et de cogiter à tout ce que je vais faire avec cette manne.

Au fait, j'ai déjà reçu pas mal de participations plus sympas les unes que les autres pour “le sucré s'invite chez la salé” de ma pomme, mais j'ai cru voir que certains avaient fait des recettes pile poil dans l'esprit et ont oublié de me laisser un lien vers leur billet. Il faut pas oublier de le faire (en laissant le lien en commentaire de CE billet) avant le 2 février hein !! Pis pour les autres, faut s'activer il reste plus qu'une petite semaine. A vos pommes !

janvier 20, 2007

Couronne canneberges-pistaches-kumquats pour un kiki mapé

Dans la série “j'ai du mal à tenir à jour ma feuille de chou”, je me pose là. Pas de doute. Heureusement que Sandra est là, avec son kiki royal (non ceci n'est pas un post cochon avec des photos inédites du prince William tout nu ou des bijoux de famille de Felipe d'Espagne) pour que je rattrape un peu de retard.
Grâce à elle, voilà que je me rends compte que je vous ai refait le coup du teasing électroménager qui retombe comme un brushing sous la pluie. J'avais déjà sévi en annonçant cet été l'achat d'une sorbetière puis en attendant 3 mois avant de parler de ce qu'elle avait turbiné. Bon ok je vous ai pas arnaqué sur la marchandise et balançai cul sec (kiki + nu + cul dans le même post, c'est bon pour le référencement ça, enfin si je pouvais caser une fesse et 2-3 nichons ce serait encore mieux...) 10 recettes de glaces (5 + 5)en tout genre qui déchirent grave leur mère. Et à l'occasion de ce coming out glacesque j'annonçais l'achat d'un nouveau gadget, que j'allais vite en parler ici, et patati et pata... bullshit. Encore pas fait. Quand je pense que je rabache à mon Pimpreton de fils qu'il faut tenir ses promesses, vilaine fille va. Alors je rattrape un peu le truc et entre enfin dans le vif du sujet : ma MAP . La MAP, pour les non-accrocs aux blogs de cuisine, c'est pas un Mixer Anarchico-Pétainiste, ni un Micro-onde Activateur de Photosynthèse, encore moins une Machine à (h)Aricots Pétogènes, non, c'est juste une Machine A Pain (celle-là en l'ocurrence, et non pas celle archi top méga mieux que ma mère a gagné grâce au velouté Emmanuelle Béart). Le principe est simple : on lui ouvre le capot, ou lui benne tout dans la cuve, elle se charge de tout. Elle mélange, pétrit, fait lever avec la chaleur et l'humidité appropriées, cuit et... vous sonne quand elle a fini. Comme ça, ça a l'air super. Sauf que la mienne...
- elle sonne aussi pour vous dire que c'est le moment de lui ajouter des graines, des raisins, des lardons, que sais-je encore. Même quand vous n'avez rien à lui ajouter. Le bip strident pendant 30 secondes moi ça me rend un chouille nerveuse tendance filet de bave au coin de la bouche...
- elle a 2 petites palettes fixées au fond de sa cuve, elle ne les enlève jamais. Même pas pour dormir. Surtout pas pour pétrir. Mais pas non plus pour cuire. Du coup quand on veut démouler son pain (ce qui relève déjà de la prouesse si on tient vraiment à l'avoir en une pièce) on se retrouve avec 2 fèves plantés dans son cul (au pain hein !!) et si on tient à les extraire, on lui déchire assez largement et profondément le fondement en 2 endroits (outch). Du coup il est tout mal en point et a pas vraiment fière allure.
- elle a un esprit de contradiction pire que le mien et s'obstine à me faire un pain tout rikiki quand je lui dit d'en faire un gros, un qui déborde de la cuve et vient se coller au hublot du dessus quand je lui dit que j'en veux un petit, me fait du pain albinos quand je veux du bien doré, du limite cramé quand je veux du clair. Connerie de machine va !
Donc non dans un premier temps je n'ai pas vraiment été emballée, et la pauvre MAP elle s'est retrouvée au gnouf (le placard du coin de la cuisine, celui qui est rempli de tous les machins dont je me sers jamais vu qu'il faut le vider rageusement en entier à même la carrelage pour en extraire un truc) avec pour voisins de cellule le "pop corn maker", la friteuse, le gaufrier,etc. Jusqu'à Noel. Oui car quelques jours avant le 25 j'avais reçu un précieux envoi de Ninnie (le fameux troc dont elle vous parlait ici) et je voulais absolument essayer de faire un vrai panettone pour essayer un de ses cadeaux (en attendant de pouvoir faire moi même le traditionnel kougelhopf de Noel de bopapa dans le moule qu'il m'apportera au printemps... t'oublies pas hein bopapa !). J'ai fait un premier essai à la main, pétrifiée d'avance par ma phobie de la levure de boulangerie. J'avais raison d'être tétanisée, la pâte était tellement lourde que j'ai pété un carrelage de la cuisine en en laissant tomber une boule. Alors j'ai sollicité Monsieur KitchenAid, mais comme j'avais un peu bidouillé la recette entre temps, je l'ai retrouvé avec l'embout pétrisseur englué dans une sorte de magma élastico-gélatineux que j'ai dû dissoudre à l'acide. 2 panettonnes qui moururent avant même que j'allume le four. C'est alors que je me susi rappelé que cette pimbèche de MAP a aussi un programme “dough” qui fait juste la pâte et te laisse le soin de la cuire dans le moule de ton choix. Le beau moule à panettone en papier envoyé par Ninnie donc. J'ai suivi la recette de Sylvie au pied de la lettre mais en laissant miss MAP faire tout le boulot, et ça a donné ça :

panettone.jpg

On a fait la paix dés que j'ai sorti cette merveille du four. Je les ai demandées en mariage (Sylvie et la MAP) dés que j'ai goûté la première bouchée. Depuis ce panettone il ne se passe pas une semaine sans brioche, pain viennois, pain au lait, cramique, et autres pain de mie à la maison. Elle pétrit mais c'est moi qui cuis. Je suis pas encore prête pour retenter le pain empalé, je suis une petite nature moi.
Alors pour le kikiveukivienkuisiner de Sandra consacré à la couronne des rois provençale, j'ai mis ma copine MAP au boulot, et on lui en a été très reconnaissants le temps d'un petit déj et un goûter.

Couronne briochée aux canneberges, pistaches et kumquats
(d'après la recette de brioche dans Les bons pains maison chez Flammarion)

4 oeufs
un peu de lait si nécessaire (voir recette)
65 g de sucre
1 cuillère à soupe d'extrait de vanille
1 cuillère à café de sel
120 g de beurre à température ambiante
350 g de farine à pain (T55 on dit en France je crois)
2 cuillères à café de levure déshydratée
50 g de cannerberges séchées
50 g de pistaches non-salées grossièrement concassées
5 kumquats séchés

Casser les oeufs dans un verre doseur. Si les oeufs ne font pas 230 ml, compléter avec du lait.
Verser tous les ingrédients dans l'ordre indiqué par le fabricant de la MAP et lancer le programme “pâte seule” (“dough” chez moi). Au bip strident, se boucher les oreilles et patienter encore 5 minutes avant de mettre les cannerberges et les pistaches (sinon les pistaches sont réduites en poudre dans la pâte et nous on veut des morceaux).
Quand le programme pâte est terminé (la pâte aura levée une première fois), façonner la pâte en forme de couronne en oubliant pas la fève et en prenant soin de laisser un large trou de plus de 15 cm de diamètre au milieu : elle va gonfler la bougresse !
Laisser lever 2 bonnes heures avant de décorer de rondelles de kumquats séchés et de sucre perlé (merci Nico!). Enfourner 20 minutes dans un four préchauffé à 170°C / 375°F.

janvier 12, 2007

Le velouté E.B. qui fait gagner une machine à pain (à ma mère)

Depuis déjà quelques semaines, s'affiche sur tous les murs de Toronto une minette d'une vingtaine d'année qui nous lance des regards de chien battu en faisant la lippe. Elle doit avoir une vie sociale de misère vu qu'elle ne se balade qu'en sous-vêtements, elle a l'air triste d'une baleine échouée sur une plage nudiste, son appart est effroyablement sombre (elle s'est visiblement faite arnaquer par son agent immobilier) si bien qu'elle est obligée d'avoir toutes les lumières allumées en permanence, mais... elle a le ventre plat, la cuisse ferme et le teint de velours d'une jeune pêche dorée. Je commençais à me demander si j'allais pas jeter mon répertoire téléphonique et me renseigner sur les bons coins à plages nudistes tellement j'étais envieuse de sa fraîcheur, sa silhouette, sa volupté naturelle. Bref je voulais avoir 18 ans. Enfin non parce que moi même à 18 ans je n'étais pas du tout (même de loin) comme elle. En fait je voulais avoir 18 ans et être elle.
Au bout de quelques jours de placardage intensif, en plus de rêver à un petit 36 (ou même un gros 38) encore plus que d'habitude, je connaissais le motif de la culotte en dentelle (et du sous-tif et du bustier) de la jeune nymphe par coeur à force de l'avoir au-dessus du nez ou sous les yeux du matin au soir. Et depuis le début je ne pouvais m'empêcher de penser “Bon sang elle me rappelle quelqu'un la sylphide là...”, “mais où est-ce que je l'ai déjà vue la super bombe...”. Jusqu'à ce que nous allions au resto indien un samedi autour de Noel, et que je me retrouve face à la fenêtre qui elle même se trouvait face à une gigantesquissime affiche de la-dite bombe d'au moins 3 kilomères sur 5. Du coup j'étais tellement absorbée dans l'intense réflexion qui tentait de rassembler tous mes neurones les plus physionimistes, que j'ai boulotté encore plus de pakoras que d'habitude. Moi quand je stresse je mange. Et la jeune pouf elle commençait à sérieusement me stresser moi à force de me faire gamberger sur son identité.
Pis là d'un coup, en plein milieu de mon butter chicken, j'ai eu la révélation. Je me suis étranglée avec un morceau de naan et j'ai crié Aline “putain c'est Emmanuelle Béart sur la pub H&M;!”. Bon je sais c'est pas top la classe de hurler ça à Aroma (même si les francophones y sont assez rares et que quand c'est mon coeur qui parle il ne sait le faire qu'en français, et dans un sens c'est tant mieux parce que “holly shit that's this bloody fucking Emmanuelle Béart !” là tout le monde aurait compris et ça aurait été encore moins classe) mais ce flash m'a pétrifiée. La jeunette de 10 ans de MOINS que moi que je jalousais presque, toute fraîche, bien ferme et un poil déshabillée, c'est en fait la mère Béart qui doit pas avoir loin de 10 ans de PLUS que moi. Nan mais je rêve qu'est-ce-qu'elle a besoin de montrer son cul à 40 piges, elle devrait pas plutôt devenir ambassadrice L'Oréal pour de l'anti-ride, c'est quoi son problème à elle de venir montrer comment elle a le ventre virginal après avoir porté 2 (3?) enfants. Oui je sais je suis d'une mauvaise foi assez sidérante mais bon faut me comprendre : ça colle quand bien les boulettes de voir une nana un poil plus VIEILLE que soi qui a l'air moitié plus JEUNE que soi. Et aussi, accessoirement, plus mince, moins fatiguée, plus sexy, mieux épilée même en plein hiver. Bref oui Emmanuelle Béart, je t'ai maudis tout le samedi.
Bon mais du coup j'ai suivi les conseils des fameuses pub H&M; et je suis allée voir la suite sur l'internet (plus disponible sur le site H&M;, les ingrats). Alors, ma jalousie a laissé place à la plus sincère empathie. En fait, oui je sais c'est pas très noble mais... j'avais presque pitié de la pauvre Emmanuelle en vrai. Ceux et celles qui connaissent déjà la pub version télé (scusez si j'ai 673 métros de retard mais moi je vis au Canada et je n'ai pas la télé alors... je suis pas archi exposée à la Béart-titude) vous le confirmerons : Manu Béart est une pauv' fille. Elle se fait épiler en décembre, s'achètes des dessous certes pas chers mais un chouille sexy, s'ébouriffe la crinière et se vautre lascivement sur son lit avec les tétons aux aguets pour... son chat. Tous ces liftings, ces heures de gym, ces régimes pas marrants, toute cette abnégation pour une haleine de Whiskas. J'en reviens pas. D'un coup j'ai envie de l'aider moi la Béart, lui envoyer un bocal de cellulite, lui photographier les valoches noires qui soulignent mes yeux même sous 2 tonnes d'anti-cerne, lui donner une dizaine de mes vergetures zébrures de grossesse violacées, lui préparer un parmentier au confit, une boule de glace aux myrtilles, une part de cheesecake à la pistache à 78 points Weight Watchers. Bref je veux bien faire un geste pour donner un peu de sens à sa vie, partager avec elle un truc qui fait que notre présence ici-bas n'est pas vaine : de ma cellulite à mon cheesecake tout ça fait que je me sens vivante moi, mais elle... avec son chat... comment se sent-elle. Pauvre Emmanuelle.
Et pour que tout ça ne soit pas que des paroles en l'air, qu'on ne vienne pas me reprocher demain de déjà m'asseoir sur ma philanthropie d'aujourd'hui je rends immédiatement, et sous vos yeux, l'hommage qu'elle mérite à cette magnifique femme qui n'as pas eu peur des bistouri et autres collagènes (oh la vilaine langue de p... toujours aussi jalouse !!) pour continuer de se sentir aimée et soutenir le regard du monde sur sa solitude de femme recluse en sous-tif dans le noir et qui n'aspire qu'à se ressocialiser : je vais donner son nom à une noble chose. Bon ok pas une rue, j'ai pas le bras assez long. Mais... une soupe. Enfin non pas une soupe, un velouté. C'est la classe ça un velouté à son nom. Regardez la comtesse du Barry elle en a toujours été hyper fière.
Bon et quel velouté alors ? Ben pas n'importe lequel justement. Celui grâce auquel j'ai remporté un des prix réservés aux finalistes du concours Femina de recettes automnales lancé par Thierry Roussillon pendant l'été. Et qu'est -ce que j'ai gagné ? Ben attention les amis, tenez-vous bien : une machine à pain et un appareil à smoothies Kenwood. J'étais aux anges quand j'ai appris ça. Enfin ma mère surtout. Ben oui parce que moi au Canada je marche en 110 V et que ces appareils d'un concours français sont en 220 V. Donc bref le matos est arrivé là-bas et il y est resté. La preuve en image (en direct live dans la cuisine maternelle) :

kados-kenwood.jpg

Mais revenons-en à Emmanuelle... c'est donc pas une soupe de gnognotte que je lui dédie, c'est une soupe de winner, et puis tant qu'on y est je vais encore plus loin. Je demande solennellement à mes parents de m'offrir le Larousse des desserts, un abonnement international à Saveurs et une cocotte minute en contrepartie des cadeaux récupérés de nommer la machine à pain Kenwood “Emmanuelle” et de ne jamais s'autoriser à l'appeler d'une toute autre façon. Même pas Manue, ou Emma. Nan Emmanuelle sinon pas de pain.
Là je crois qu'on pourra rien me reprocher et surtout pas me taxer d'Emmanuellebéarophobe. Je crois pas avoir jamais lu un plus vibrant hommage. Mon prochain plat dédicacé ? J'hésite encore... Britney Spears ou Florent Pagny. On verra bien qui a le plus besoin de mon âme charitable.

Velouté de céleri à l'ail roti et chips de coppa

Pour 4

1 tête d'ail
1 oignon jaune
1 boule de céleri
1 pomme de terre
1,5 l de bouillon de poule
125 ml de crème liquide
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
sel, poivre

Emballer la tête d'ail non pelée dans du papier alu et faire rôtir 45 minutes dans le four préchauffé à 180°C / 380°F.
Laisser refroidir puis peler les gousses (toute la pulpe sort quand on presse le haut de la tête d'ail entre ses doigts, ça ne prend que 2 minutes !).
Peler puis couper la pomme de terre et le céleri en gros dés, et les mettre de côté avec l'ail rôti.
Faire revenir l'oignon émincé dans l'huile d'olive pendant 3-4 minutes, puis ajouter le céleri, la pomme de terre, l'ail et le bouillon. Porter le tout à ébullition puis laisser cuire à couvert pendant 30 minutes.
Mixer la soupe, ajouter la crème liquide, saler et bien poivrer. Redonner un bouillon avant de servir avec des tracnches de coppa juste passées à la poêle à feu vif (et séchées sur du papier absorbant pour éviter les yeux à surface de la soupe). A défaut de coppa des petits morceaux de prosciutto, de confit de canard ou même de simples croutons grillés à l'huile d'olive font aussi très bonne impression.

veloute-celeri.jpg

Technorati Profile

janvier 05, 2007

Jeu "le sucré s'invite chez le salé", 3ème édition : 1 parmentier et 6 invités

1,2... Bonne annééééée !!! Et là y'a les confettis qui tombent, la boule à facettes qui se met à tourner, et les nanas du Crazy Horse qui continuent de se cambrer sur TF1. Ca c'est pour la page réminiscence.
Mais c'est pas parce que je m'en tape un peu du changement d'année que je dois faire la malotruse et ne pas venir moi aussi vous souhaiter à tous qui passez par là une belle et douce année 2007. Même le 4 janvier. Mon arrière grand-mère, pas vraiment du genre à se laisser reprocher quoi que ce soit, avait coutûme de répondre au 1er qui osait lui dire qu'elle ne lui avait toujours pas souhaité ses bon voeux (bon sang cette expression me donne l'impression d'avoir connu Pétain... père), “j'avais pas que toi à penser le 1er janvier, pour les voeux on a 6 mois avant 6 mois après”. Oui je tiens d'elle pour le côté bonne-pâte...
Bref par chez moi on se disait toujours début janvier“bonne année, bonne santé, et des sous dans le porte-monnaie”, certes c'est pas exactement classe et distingué mais bon ça part d'un bon sentiment. Je vais pas non plus me la jouer poète du dollarstore avec des “que cette année te soit bien meilleure que celle d'avant et bien pire qui celle à venir”, parce que bon... c'est pas plus distingué que la formule du porte-monnaie si on y pense de souhaiter le pire. Nan moi ce que je vous souhaite c'est... tout pareil qu'Ester. Je suis ravie de voir que je suis pas la seule à pérorer sur la nécessité du cul-linaire et même à défendre la polyvalence des tables de cuisine (robustes). Mais je ne m'attarderai pas davantage, je sais que des taupes familiales et copinales ont infiltré le camp des lecteurs et n'ai pas envie de les mettre mal à l'aise la prochaine fois qu'ils viendront diner à la maison...

Mais bon en fait tel n'était pas vraiment l'objet de ce billet au départ... le but était surtout d'ouvrir solennellement la troisième édition de "Le sucré s'invite chez le salé". Je rappelle le principe de ce jeu inventé par Minouchka pour les retardataires qui tomberaient des nues : un ingrédient sucré est imposé et à partir de ça chacun et chacune doit imaginer une recette salée qui intégrera l'ingrédient donné. La 2ème édition imposait le sirop d'érable et mon saumon glacé au soja et à l'érable a été plébiscité par un prestigieux jury (si si c'est là). Du coup je me retrouve à organiser cette édition number 3, ce qui implique 2 choses : 1- désigner un ingrédient-mystère sucré, 2- former un jury. J'avais remarqué au cours des 2 éditions précédentes que les membres du jury n'étaient dévoilés qu'au moment de l'annonce du gagnant, alors je me suis dit que peut être ce serait plus fun et aussi plus transparent de connaître dès le début le jury que choisira le grand vainqueur. Alors... je vous révèle tout de suite les membres du jury et l'ingrédient que nous avons choisi.
Nous ? Oui nous. Comme moi je suis un peu normande de coeur, j'arrivais pas à départager 3 fruits (oui juste après les fêtes qui m'ont valu 3 kg je me suis débinnée sur le chocolat, le caramel et autres biscuits qui m'ont dans un premier temps tendu leurs bras sournois) sur lesquels j'avais bien envie de faire plancher les volontaires. Un très de saison, un autre très trad' (le plus trad' de tous même), et un plus exotique et tendance. Donc j'ai sondé les membres du jury et ceux qui avaient un avis ont plebescité... la pomme. Ben oui comme quoi, la tradition continue d'inspirer la créativité. Alors à vos pommes, prêts, partez !! Des plus conservateurs et trices aux plus intrépides, je pense qu'avec un thème pareil, tout le monde pourra mettre son grain de sel. Que tous ceuzécelles qui ont envie de participer me laissent simplement un lien vers leur recette en commentaire avant le 2 février à minuit (heure locale, donc torontoise), et je me ferai une joie de publier un billet récapitulant le tout avant que le jury tranche. Mais qui seront donc ces trancheurs ? Voici, mesdames et messieurs les membres du jury (ceux qui ont eu la gentillesse d'accepter la charge de cette délicate mission quoi). Bon là vous êtes censés vous lever et applaudir. Bon sang faut tout vous dire hein !
Le jury sera donc constitué de : (là il faut imaginer une bombe de 1m80 habillé en Dior sur une musique gnan-gnan à la Docteur Jivago)
Anaïk from Le Confit c'est pas gras !
Clairechen from Marmite d'un Ptipoint
Lilo from Cuisine Campagne
Mitsuko from Tours et Tartines
Ninnie from Mitaine Ecarlate
Stéphane from Passion Fusion
... moi from ici
(bon je sais pas si je dois mettre des majuscules comme ça partout mais ça fait plus Cannes je trouve)

Et bon bien sûr je peux pas vous jeter une vieille pomme pourrie comme ça à la tronche sans m'y coller d'abord moi même, alors voilà la première participation du LSSCLS : la mienne. Of course elle est hors compétition et j'invite les membres du jury que ça démange à en faire autant.
[Message personnel à l'intention des jurés : les photos ça fait bien saliver, mais faut pas vous leurrer. Personne ne nous enverra d'échantillons à goûter en vrai, et d'ailleurs vus les délais de la poste ce serait pas très prudent d'un point de vue sanitaire, alors si vous voulez en bouffer de la vraie de la pomme salée ben faudra vous la préparer mes p'tis cocos]

Parmentier de canard aux pommes et au céleri

Pour 4

4 cuisses de canard confites
3 pommes Granny Smith
2 échalotes
3 pommes de terre
1 boule de céleri
10 cl de lait
10 cl de crème liquide
sel, poivre, muscade, cumin

Préparer 2 purées avec les pommes de terre et le céleri cuits à la vapeur. Ajouter dans chacune 5 cl de lait et de crème tiédis, une noix de beurre, saler, poivrer, muscader et bien mélanger.
Préchauffer le four à 380°F / 180°C.
Passer les morceaux de canard à la poêle pour les dégraisser, puis les effilocher en enlevant la peau.
Emincer les échalottes, et les faire revenir dans un peu de graisse de canard. Eplucher les pommes, les couper en dés et les ajouter aux échalottes avec la viande émiettée. Saler, poivrer, cuminer, couvrir et laisser mijoter ¼ d'heure.
Dans un grand plat allant au four (ou bien dans 4 petits) étaler une couche de purée de céleri, couvrir d'une couche de canard aux pommes, et garnir d'une couche de purée de pomme de terre. Déposer une noix de beurre sur le dessus et enfourner pour ½ heure.

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Je remercie du fond du coeur et de l'estomac mon adorable frangin de nous avoir rapporté une boîte de confit de canard (Nico, comme convenu le marbre pour la statue à ton effigie dans le jardin est en cours de commande), j'en ai fait cette recette inspiré de la photo tellement affolante qu'elle en est presque aphrodisiaque du livre Hachis maison chez Marabout (si si allez voir la page 35, un vrai truc à garder dans sa table de nuit). Oh my god que le canard et la pomme sont de vrais potes !