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février 28, 2008

Making of et gâteau au Coca Cola : Welcome to the US !

D-Day ! J'ai vu la couverture de mon livre sur tous les sites qui en vendent mais je ne l'ai toujours pas vu en vrai !!!! L'éditeur va me l'envoyer dans les prochains jours mais... je trépigne !! Alors si vous vous l'avez vu ou même carrément acheté (que Sainte Framboiz vous en soit éternellement reconnaissante et vous fasse trouver pile votre taille pour la paire de chaussures de vos rêves, en solde de préférence) je vous implore : alors ??!?!?! A quoi ressemble-t-il ?

En attendant de le voir en encre et en pages, petite séquence nostalgie... Making of !

Janvier 2007 : naissance du projet grâce à l'enthousiasme de Raphaëlle Vidaling, la Madame-je-fais-tout de la collection Mon grain de sel. Elle me dit “ on veut une intro rigolote à la cuisine américaine, tu organises ça comme tu veux, tu mets ce que tu veux dedans, entre 50 et 60 recettes, pas moins, pas plus”. Ma première réaction : génial je suis libre comme un piaf !

Février-mars 2007
: Ma deuxième réaction : je sais pas si c'est cool en fait d'être un piaf... Remue-méninges permanent, brainstorming constant. Quelles recettes ? Comment les organiser? Quel parti-pris ? Pffffff... fin mars, j'ai 84 recettes, et j'ai décidé de la ligne directrice : 1-pas de barbecue (le barbecue aux Etats-Unis mériteraient un livre à lui tout seul), 2- pas de recettes inspirées d'autres traditions (italiennes, asiatiques, mexicaines) juste du terroir américain, 3- des recettes connus dans TOUS les Etats-Unis, pas des spécialités régionales qu'on ne connait que 100 miles aux alentours. Bon ça ressemble à un début mais... je mets quoi comme recettes sur ces 84 ? P*%#* il faut que j'en enlève au moins 24 !

Avril 2007 : Commence la folle période des tests et en même temps des “sondages”. Je contacte tous mes copains américains, mes copains pas forcément ricains mais ayant vécu aux US et leur demande de me faire la liste des 15 spécialités qui leur semblent les plus made in USA : 3 petits-déj', 3 lunch, 3 dinner, 3 desserts, 3 snacks.

Mai à juin 2007 : Je cuisine sans arrêt !! Mes enfants sont ravis, mon castor est ravi, mes voisins sont ravis. J'ai 62 recettes que je dois tester jusqu'à ce qu'elles soient top. 5 périront dans l'entreprise (pas moyen de faire un beef stew qui ressemble pas juste à un Bourguignon en moins bon...), certaines gagneront leur label du 1er coup (mes baked potatoes sont inratables !), d'autres me mettront les nerfs en pelote (29 variantes de pancakes avant de finalement revenir à ma bonne vieille recette).

Juillet 2007 : marathon de la mort... Raphaëlle Vidaling fait le déplacement à Toronto pour 5 jours de photos. 5 jours... 57 recettes... Un défi de dingue, 10 à 12 heures de cuisine par jour pour moi pour qu'elle ai sa douzaine de plats quotidiens à shooter. On a mangé comme des ogresses elle et moi (je peux vous dire qu'elle a aimé le sandwich Waldorf !! Et pas qu'un peu !), et ma voisine me vénère depuis que je lui ai apporté un carrot cake pour 12 personnes le soir de son anniv'. Une semaine un peu quatrième dimension mais qu'est ce qu'on s'est marrées (et énervées aussi... surtout quand mon frigo est tombé en rade le 1er soir avec dedans 100 oeufs, 5 kg de beurre, 4 litres de crème, 5 salades, 2 kg de bacon... et le reste).

Août 2007 : vacances. Ouf !

Septembre à décembre 2007 : écriture des textes. Les recettes étaient des prises de notes, il faut tout rédiger et faire rentrer dans la grille éditoriale avec pas plus de tant de caractères par page (pour la pipelette que je suis, un travail d'Hercule). Au passage petit moment de panique quand ma clé USB où tout est stocké grille mi-octobre... on recommence depuis le bédut sans (trop) s'énerver. Et avec le sourire. Et en tâchant d'être drôle. Enfin un peu.

Janvier 2008 : relectures avec l'éditeur. Corrections. Faut retirer 2 recettes qui rentrent pas dans la maquettee... Euh en vrai là, c'est le moment où on commence à avoir hâte que ça se termine !

Voilà en gros. Une belle aventure quoi. Dedans le livre il y a donc 57 recettes, 50 traditionnelles, 7 bidouillées à la française par votre humble servitrice. Il y a des recettes que vous avez déjà vues sur la feuille de chou (la pumpkin pie, les sugar cookies, le carrot cake) et que vous retrouvez dans le livre (un chouille modifiées parfois), et d'autres que vous auriez dû trouver dans le livre mais que vous ne trouverez en revanche que sur ce blog, parce que bon quand un livre doit faire 160 pages c'est 160 pas 162...

Pas grave, voici donc la première recette censurée, que Raphaëlle avait même photographiée, et qui vous surprendra par sa légèreté. Oui oui j'ai bien dit légèreté, essayez si vous me croyez pas !

Coca cola cake

Pour 8 personnes (au moins)

Pour le gâteau

200g de sucre
300g de farine
100 g de beurre
100 ml d'huile de tournesol
125 ml de lait ribot
2 oeufs
250 ml de Coca Cola
3 grosses poignées de chamallows
1 cuillère à café de bicarbonate
4 cuillères à soupe de cacao en poudre
1 cuillère à café d'extrait de vanille

Pour le glaçage

100g de beurre
4 cuillères à soupe de cacao en poudre
6 cuillères à soupe de Coca Cola
1 cuillère à café d'extrait de vanille
300 g de sucre glace

Préchauffer le four à 180°C / 350°F.
Dans un saladier mélanger la farine, le cacao et les chamallows coupés en petits dés.
Dans une casserole porter à ébullition le beurre, l'huile et le Coca. Verser sur les ingrédients du saladier et bien mélanger.
Dissoudre la bicarbonate dans le lait ribot et l'ajouter immédiatement au mélange. Incorporer les oeufs et la vanille. Bien mélanger.
Verser dans un moule ou plusieurs petits et faire cuire de 30 à 45 suivant la taille de moule choisie.
Préparer le glaçage en portant à ébullition le beurre, le cacao et le Coca. Verser sur le sucre glace et bien mélanger. Ajouter la vanille. Mélanger et glacer le gâteau sitôt sorti du four.


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février 04, 2008

La couronne aux canneberges, aux noix de pécan et sirop d'érable de la reine des lunatiques

Fermer la boutique ou reprendre le taureau par les couilles cornes voilà bien la question bloggesque qui m'anime depuis quelques temps. Après avoir tergiversé, cogité, maugréé, décidé que non, puis que oui, puis que non finalement,je finis par choisir mon camp : p'têt' ben qu'oui p'têt ben qu'non. J'ai vécu quelques mois pile poil entre Rouen et Caen avant de m'expatrier outre-Atlantique donc je peux me la jouer un brin normande de temps en temps. Si je veux. Et là je veux. Enfin je crois. Enfin... (bip) de (bip) de (bip) de blog à la (bip) !!
Oui c'est vrai quoi, c'est quand même marrant de venir faire l'andouille sur la feuille de chou de temps en temps, ça me défoule, ça me détend, ça m'amuse. Et puis je reçois plein de chouettes messages de gens qui viennent me piquer des recettes, les appliquer à la lettre, les transformer complètement, ou même parfois de gens qui ne possèdent aucun autre gadget culinaire qu'un micro-onde, ne bouffent que des boîtes et du surgelé mais qui sont tombés par hasard sur mes âneries et les lisent en rigolant sans même jeter un oeil à la recette derrière. Tout ça c'est bonheur, c'est doux et chaud comme une gaufre au sucre sur la foire du 1er mai. C'est le p'têt ben qu'oui sur ma balance Roberval en gros.
Mais il y aussi les trucs qui agacent... Le temps que ça prend de rédiger mes conneries (forcément au détriment d'autres choses), le rididule de l'appareil photo en permanence dans la poche du tablier, le pathétique du “putain pioche pas dans le plat j'ai pas encore pris ma photo! Oui ben je sais que ça refroidit, c'est bon tu le passeras au micro-onde si c'est pas assez chaud !”. Et puis il y aussi la saturation dont parle très bien Stéphane (Blog-appétit et ses milliards de recettes pas forcément super excitantes et de billets pas toujours super créatifs), le narcissisme dont il faut être capable pour publier régulièrement (et penser à son référencement par exemple), le fameux “mais pourquoi je fais ça?” ou encore pire les récurrents “ok je suis une rigolote à côté de certain(e)s autres qui ont 9 cercles à pâtisser, des poches à douilles de 13 tailles et 98 épices dans leurs placards, j'ai rien à faire ici” ou bien “font chiers ces blogs chiants avec leur 73ème recette de pâte à crêpes et leurs billets sans joie, je veux rien avoir à faire ici”. L'autre plateau de ma balance...
Et puis bon finalement j'ai choisi ma patrie. Celle de Jean-Jacques. Celle dont l'hymne national dit “je me fous de tout, de ces chaines qui pendent à mon cou”. Oui cette fois c'est décidé : “je marche seule” !!! Je vais continuer à faire mon blog pour moi, pour ceux qui veulent, je publie quand je veux, je suis ravie de n'être qu'une rigolote et je m'en fous de n'avoir qu'un cercle à pâtisser dont je ne me suis servie qu'une fois, une seule poche à douile et même pas de fève Tonka ni de feuille de Cumbava, je suis juste comme Cindy une “girl who wants to have fun” et je vois pas pourquoi ça changerait. Bienvenue à tous ceux qui veulent passer sourire, ceux qui veulent passer prendre une recette, passer juste par hasard, pas passer du tout.
Je pourrais continuer ce grand moment d'égocentrisme narcissique mais on gardera le reste pour une prochaine fois, puisque maintenant c'est sûr il y aura une prochaine fois. Là je vous en dirai un peu plus sur l'année de folie qui vient de s'écouler et tous les trucs de ouf qui vont arriver durant celle qui arrive, mais en attendant plus de bla bla, il est temps de passer à un peu de miam miam avec une super brioche canadianisée. Autour de la table du goûter tout le monde était délicieusement surpris : les français par le détournement de leur brioche traditionnelle, les canadiens par l'inhabituelle utilisation de leurs ingrédients fétiches. Après avoir déneigé l'allée devant la maison pendant 2 heures, bon sang que ça fait du bien !

Couronne briochée aux canneberges, noix de pécan et sirop d'érable
(à la MAP)

4 oeufs
un peu de lait si nécessaire
65 ml de sirop d'érable
1 cuillère à soupe d'extrait de vanille
1 cuillère à café de sel
120 g de beurre à température ambiante
350 g de farine à pain
2 cuillères à café de levure déshydratée
50 g de cannerberges séchées
50 g de noix de pécan + quelques cerneaux pour décorer
sucre perlé, pour décorer

Casser les oeufs dans un verre doseur. Compléter avec du lait jusqu'à atteindre 230 ml..
Verser tous les ingrédients dans l'ordre indiqué par le fabricant de votre MAP et lancer le programme “pâte seule”. Quand ça bipe et que vous voulez taper sur la machine avec une bate de base ball, mettre les cannerberges et les noix de pécan.
Quand le programme pâte est terminé (la pâte aura levée une première fois), façonner la pâte en forme de couronne en laissant un large trou de plus de 15 cm de diamètre au milieu : ça va gonfler!
Laisser lever 2 bonnes heures avant de décorer de cerneaux de noix de pécan et de sucre perlé (merci encore Nico!). Enfourner 20 minutes dans un four préchauffé à 170°C / 375°F.

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septembre 11, 2007

Weekend bidochon pour crumble acidulé ("Cheesy weekend for a sweet and sour crumble" dans le texte)

Bon sang je vais finir par ne même plus savoir l'adresse de mon propre blog tellement je suis d'une assiduité digne d'un étudiant de DEUG de fac de philo. Ceux de mes acolytes blogueurs ça va ils sont sur ma blogline mais bon je crois pas avoir laissé un seul commentaire nulle part depuis la fin de l'année scolaire dernière. Pis v'là la nouvelle qui a déjà recommencé la semaine dernière. On a pas le cul sorti des ronces. Bon je l'ai déjà dit, j'ai des zillions de bonnes raisons hein, pis aussi des zillions de mauvaises. Tiens ben parlons des mauvaises surtout. Mes récents voyages donc.

Alors les biens mais courts d'abord. Genre 3 jours à New York en amoureux le dernier weekend de l'été, un temps sublime, un flot d'étudiants frais émoulus tous sous le charme de leurs nouveaux quartiers universitaires et qui rendent les derniers touristes pénibles invisibles, une bonne quarantaine de kilomètres à pied dans et autour de Manhattan, des sandwiches à vendre sa mère, des cheesecakes à renoncer pour toujours à Abba pour le ménage du dimanche matin, les muffins de Once upon a tart ,135 Sullivan Street, à goûter absolument pour un brunch à demander en mariage le plus marié des voisins de table... genre 3 jours à New York quoi. Mais ça c'est une bonne excuse. Faudrait avoir un pète au casque pour avoir envie de pondre un post au lieu de se laisser porter par la vie new yorkaise.

Mais revenons-en aux voyages. Parce que bon il y a aussi les moins biens. Enfin biens mais long. Genre 3 semaines en France après 3 ans et demi d'exil. Trois semaines en famille. Trois semaines à squatter à droite et à gauche, à changer de lit toutes les 4 nuits, à manger ce que mangent les autres, aux heures où ils le mangent, trois semaines à être juste aux yeux du monde la génitrice des 2 merveilles que sont vos enfants et qui eux sont les vraies stars que l'on gâte de Pépitos, glace aux Smarties et autres cochonneries en tubes, boîtes, sachets et autres batonnets. Inutile de dire qu'ils adorent la France. Tu penses... Bon et pour moi le mal du pays s'est surtout ressenti au moment au j'ai vu... ça !

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Et aussi ça !

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Dure dure l'expatriation si on commence à mettre le pain, le jambon, le fromage, les viennoiseries, le confit de canard et les biscuits de Reims dans la balance. En même temps si on les mets sur la balance on se dit que c'est sûrement pas plus mal de pas les avoir à portée de papilles ces machins là sinon...

Bref bref bref venons-en à mon escapade estivale la plus mémorable. Je vous donne un indice... c'est un endroit mythique qui repose en fait sur une gigantesque supercherie et surtout des tonnes de bétons... c'est à 1h de voiture de chez moi donc pourtant j'y suis déjà allée et je suis censée savoir... mais bon... mon amoureux et moi sommes donc allés... à Niagara. Oui oui bien sûr on est pas de beaufs (dit-elle), on a pas pris une chambre à Niagara Falls non on est allés à Niagara on the Lake, c'est tellement migon, c'est tellement pitoresque, c'est tellement cher. Alors si vous ne connaissez pas bien sûr allez y si vous êtes dans le coin, c'est un peu le Honfleur (sans port of course rapport que c'est sur un lac pas sur la mer hein) du sud de l'Ontario, mignon, mondain, un poil prout-prout mais quand même charmant. D'ailleurs si vous y passez au moins vous pourrez passer une bonne soirée en allant manger au Zee. Pas donné donné mais vraiment bon bon. Re-bref, disons que si on s'était contentés de se balader dans la jolie bourgade et de se faire un bon dîner savamment arrosé, on se serait dit que vraiment on est d'une déconcertante mais comfortable banalité.

Sauf que... notre ami Denzil avait lui trainé sa conquête du moment au Sheraton juste en face des chutes et qu'au bout de 24 heures de casinos et attractions spéciales touristes toute de plus mauvais goût les unes que les autres ben... il sentait bien que l'ennui avait envahi leur chambre d'hôtel. Ben oui même une chambre à 1000 dollars la nuit ça finit par sentir autre chose que la libido de weekend. Le deuxième effet Chutes du Niagara sans doute. Toujours est-il que mon boyfriend a offert que nous passions la journée avec eux avant de repartir à Toronto. Holly Smokes, la journée la plus ringue de mon existence. Heureusement qu'on était 4 et que du coup tout était marrant au lieu d'être débile, tordant au lieu d'être ridicule et carrément bidonnant au lieu d'être embarassant. On a tout fait. La balade en poncho bleu dans le Maid of the myst sous les chutes (vraiment rigolo pour le coup, sauf les 2 heures de queue pour y monter mais bon faut être moyen malins pour faire ça en plein été hein), le repas dans le resto panoramique du Sheraton qui te fait manger du brie pané en regardant les chutes (tu payes surtout les chutes... et tu les payes comme si c'était de l'or qui coulait, pas juste de la flotte), l'achat du T-shirt le plus importable avec marqué dessus Niagara Falls quelque part. On a tiré au sort pour savoir qui devait en offrir un à qui... moi c'est la copine de Denzil qui s'est occupé de mon cas et elle m'a pas loupée. Un T-shirt rose à bretelles avec dessus “Niagara Falls forever in my heart” avec en fond un gros coeur turquoise sur lequel ont été (mal) dessinées les chutes en bleu roi avec un faux coucher de soleil derrière. Inmettable à plus de 5 m de mon lit. Mais bon c'est l'intention qui compte. Et puis quand je pense que mon canadian lover a poussé le culot jusqu'à porter celui que Denzil lui avait choisi à la gym la semaine suivante... "Niagara falls sex instructor, free first lesson". Je passe aussi sur le mini-mini-mini golf (au prix d'un vrai parcours de 18 trous dans le Dutchess County), le tour de grande roue avec cabines climatisées (si si) et le Casino. Diantre que je suis pas joueuse, diantre que je me suis ennuyée devant ces machines à sous.

Du coup à peine rentrée de mes inteminables trop courtes vacances (comprend qui peut) j'ai fait un peu de popote. Ca va mieux depuis. Surtout depuis ça. Si vous n'aimez pas quand ça picote amicalement les papilles, passez votre chemin.

Sweet and sour crunchy crumble, ou le crumble croquant acidulé

1 banane
250 g de canneberges (surgelées pour moi mais fraîches c'est bien aussi)
400 g de rhubarbe en tronçons
2 cuillères à soupe de sucre en poudre
100g + 1 poignée de noix de pécan
150 de farine complète
150 g de vergeoise
150 g de beurre bien froid, rapé avec une râpe à gros trous
1 zeste de citron
1 cuillère à café de canelle


Au mixer, réduire en poudre les 100g de noix de pécan.
Dans un saladier mélanger du bout des doigts la farine, la poudre de noix de pécan, la vergeoise, le zeste du citron, la canelle et le beurre. Quand le mélange est bien sableux avec des grosses boulettes, ajouter les noix de pécan vaguement concassées, malaxer un chouille et réserver le saladier au frigo (si on fait pas durcir la pâte un peu on aura jamais le crunchy, et on y tient à notre crunchy, donc pas de discussion).
Préchauffer le four à 180°C / 350°F.
Beurrer un moule à gratin de 25 cm de large.
Dans une casserole faire éclater les canneberges avec 1 cuillères soupe d'eau et 1 cuillère à soupe de sucre en poudre. 5 minutes environ.
Dans une autre casserole faire compoter la rhubarbe avec la même quantité d'eau et de sucre. 10 minutes environ.
Couper la banane en fines rondelles et en tapisser le fond du moule. Les recouvrir avec les canneberges puis avec la rhubarbe. Répandre la préparation aux noix de pécan sur le dessus en veillant à bien couvrir toute la garniture et sans tasser du tout.
Enfourner pour 25 minutes. Laisser refroidir juste un poil mais pas plus.

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juillet 23, 2007

La dilettante, la turtle et les Oréos

Hello everybody !! Pas de photos de vacances paradisiaques avec une Framboiz bikinisée qui pourraient expliquer mon mutisme, pas de catastrophe terroriste qui auraient dévasté la magique technologie qui me permet de répandre ma verve nord-est-américaine dans le reste du monde (la mégalo de votre serviteuse elle non plus ne s'est pas faite terrasser à ce qu'on dirait), donc non pas d'excuse. En fait je ne suis pas vraiment du genre à m'en chercher non plus. Sauf que j'ai reçu pas mal de commentaires, emails, messages divers et variés pour me sortir de ma torpeur, certains vraiment chouettes et amicaux prenant de mes nouvelles, d'autres tout aussi chouettes et amicaux me bottant carrément le cul (merci Alhya, j'y viens j'y viens...), d'autres tout sauf chouettes et amicaux soulignant mon incapacité à être une “vraie” bloggeuse (si quelqu'un a une définition pour cet obscur concept je prends), d'autres vraiment courroucés me sommant de justifier publiquement mon indigne comportement erratique. Erratique = silencieux apparemment. En même temps c'est vrai que moi silencieuse y'a de quoi en inquiéter plus d'un(e). Bref... Merci aux copains et et copines venus régulièrement me pinçouiller la fesse droite pour s'assurer que je vivais encore, et pour les autres ben... merde. C'est tout. Fuck off comme on dit ici.
Donc pas de justificcation, on fait pas trop trop ça sur la Feuille de chou. On parle de la famille oui mais pas la vraie hein, je pense que personne n'a cru un seul instant que mes enfants s'appellent vraiment Pimpreton et Pimprenille, que mon mari (qui est d'ailleurs en vrai un ex-mari soit dit en passant) s'appelle vraiment Bernard l'Arno, mais en vrai ça n'a aucune importance puisque la seule raison d'être de ce blog est de S'AMUSER ! S'amuser à écrire une bafouille de temps en temps, rigolote si possible, s'amuser à cuisinouiller des machins et à les prendre en photos quand on y pense, s'amuser en rencontrant des gens adorables au milieu de la pas-toujours-adorable blogochose, s'amuser quoi. Et si un jour m'amuser devient une obligation genre “oh la la ma grosse tu n'as rien posté depuis 3 semaines, tu dois t'amuser d'ici la fin de la semaine” ben ça voudrait dire qu'il faut tout arrêter. Je pense que 2-3 parmi vous sont assez d'accord avec moi, pis les autres ben... c'est à prendre ou à laisser.
Mais bon revenons à nos moutons après cette petite mise au point nombrilico-blogguesque pour ceux qui prennent les trucs légers un peu trop au sérieux et ont oublié qu'il y a une vie, et une pas dégueu qui plus est, à côté du blog. Nos moutons donc... euh mon mouton en l'occurence, enfin ma brebis en fait. Une douce brebis un poil bretonne sur les bords qui ne manque jamais de faire un petit coucou pour s'assurer que tout va bien mais qui sait aussi kick your ass quand elle sent que vous vous laisser un peu aller à céder à la flemmarde facilité. Donc oui, spéciale dédicace à Alhya, notre turtle préférée, qui m'a gentiment taguée pour raconter 7 trucs sur moi et c'est de bien bonne grâce que je m'éxécute. Ouep avec le sourire même. Tout le plaisir est pour moi chère tortuga.
Comme je m'étais déjà livrée à un exercice du genre lors de ma dernière période d'introspection feuilledechouesque (merci la blogosphère de me faire économiser tant de dollars de psy divers et variés, ça me fait encore plus de paires de godasses), je vais jouer le jeu un peu différemment. Alhya nous livrait 7 souvenirs, je m'en vais livrer 7 souhaits, rêves ou simplement chose que je voudrais changer ou faire ou parfaire. Ouep la Framboiz est un brin... rêveuse, utopiste même parfois. Niaise aussi souvent parce que bon rêver c'est bien mais ça nourrit pas une bonne-femme. Ni ses rejetons. Mais bon au moins ça fait se lever le matin avec la banane et naviguer dans les eaux parfois un peu agitées de l'existence avec bonhommie, espoir...avec la patate quoi !
Alors c'est quoi donc qui me fait rêver moi ? (Petit génie dans ta lampe si tu passes dans le coin...)
1- M'appeler Karel, ou Lisa, ou Nina, ou Lola, ou... n'importe quel prénom court et “cool”. J'ai toujours eu du mal avec le prénom que mes parents ont choisi pour moi et l'idée de cooliser mon moi avec un nom un peu moins ringue que le mien reste un genre de fantasme qui revient toute les 2 années bisextiles. Pas de quoi me mettre la psyché en vrac non plus, faut pas pousser. Je m'appelle pas Radegonde hein.
2- Vivre en Amérique du Sud. Même juste pour un temps. Mais bon plutôt México que Bogota et Buenos Aires ou Santiago que Lima ou Ushuaia (gla gla). Rien à voir avec ma couverture de prof d'espagnol dans le civil, d'autant que je suis pas une grande fan ni connaisseuse de la littérature latino et que donc je n'ai pas des tonnes de lignes évocatrices en tête qui auraient pu faire naître un tel souhait. Non juste la conviction que là-bas on sait vivre. On sait prendre la vie de la bonne façon, sans perdre de ce temps précieux qui nous est imparti mais sans brûler la chandelle par les 2 bouts non plus. J'aime la force tranquille (la vraie hein pas de celle de vous savez qui) des latinos que je connais, je l'admire, je l'envie. J'ai tellement à apprendre...
3- Passer une nuit torride avec Johnny Depp. Bon ok je sais qu'il est pas mal débordé, une nuit faut pas pousser... ok juste 1 h je prends aussi. En vrai même juste 10 minutes je dis oui. 3 minutes, bourré, dans les toilettes d'un Mc Donald's... hum... je pense même pas que je pourrais refuser... Oui ben si on peut pas vraiment se lâcher même quand on rêve ben alors ça sert à quoi de rêver, je vous le demande... Johnny était déjà punaisé dans ma chambre en 4 par 3 avec sa fausse larme tatouée sur son angélique minois de Cry baby, et même s'il n'est plus sur aucun mur de chez moi (il s'agirait pas de froisser certaines susceptibilités...) ben le coeur y est toujours... Fais-moi mal Johnny Johnny Johnny !
4- Savoir jouer d'un instrument de musique. Lequel ? N'importe ! Je m'en tape ! Bien sûr ce serait mieux si ça pouvait être le violon, le piano ou la guitare (question de répertoire...) mais bon je suis déjà tellement incapable de jouer l'Hymne à la joie à la flute à bec que je prends tout ce qui passe : pipeau, accordéon, grosse caisse, harmonica, cor de chasse, et même... triangle. Les gens qui ont la chance et/ou le talent de jouer de quelque chose ont l'air d'y trouver tellement de bonheur et parfois de sérénité que... j'en serais presque jalouse. Allez Framboiz on y retourne... Si si do ré ré do si la sol sol la si si la la...
5- Avoir le corps de Salma Hayek. Oui juste le corps... si je peux garder mon cerveau je préfère. Non j'ai rien contre celui de Salma hein pensez-bien, non c'est juste que... ben le mien je commence enfin à le connaître correctement, pis j'y suis un peu attaché quoi, pis je sais presque toujours le faire marcher. Mais bon si on peut pas faire autrement niveau échange d'enveloppes charnelles ben tant pis... je renonce à mes synapses. Que voulez-vous si je veux avoir un demi-centième de chance de réaliser mon rêve numéro 3 je dois être disposée à quelques sacrifices !
6- Ecrire. Et que ce soit tout ce que je sois censée faire de mes journées. Et pourquoi pas qu'on me paye pour ça. Ouais ça ce serait cool... Le truc c'est juste de trouver écrire “quoi” et le pigeon pour me donner des dollars en échange. Moué mes chers élèves sorry mais je crois bien que vous allez encore devoir me subir (attention faux-ami, contraire de bajar !) un moment...
7- Aimer les Oréos. Comme je l'ai déjà sournoisement révélé, être nord-américaine et fière de l'être sans trouver que les Oréos c'est mortel (un peu comme vivre en France et trouver que les Granola c'est vraiment bof quoi) est un peu difficile à assumer au quotidien parfois. Alors bref ça me faciliterait drôlement la vie d'aimer ces biscuits noirauds qui doivent probablement leur couleur unique à quelque chose entre lesquels se glisse une pateuse couche de crème probablement à quelque chose. Et puis aussi ça me permettrait de moi aussi m'extasier sur ces cupcakes aux Oréos qui aux dires d'autochtones et emigrés divers (dont Pimpreton) sont oh so good.

Cupcakes aux Oréos

Pour 40 mini-cupcakes (probablement une quinzaine de gros, enfin normaux quoi)

Pour les gâteaux
250 g de beurre
200 g de sucre en poudre
350 g de farine
2 cuillères à café de levure chimique
4 oeufs
1 cuillère à café d'extrait de vanille
10 Oréos
Pour la déco
125 g de beurre
200 g de sucre glace
10 Oréos, écrabouillés rageusement au rouleau à pâtisserie

Préchauffer le four à 350°:F / 175°C. Disposer des collerettes dans les empreintes d'un moule à muffins.
Ouvrir les Oréos de façon à avoir en main 2 croûtes noires couvertes de crème (rituel orgasmique pour certains, sacrilège hérétique pour d'autres). Gratter la crème et la réserver. Une fois les croûtes bien récurées, les écraser avec un rouleau un pâtisserie,un parpaing ou autre gadget un peu lourd qui vous tombera sous la main.
Mélanger tous les ingrédients, sauf les croûtes des Oréos. Avec un robot ou un batteur à mayo c'est parfait ! Quand la pâte a bien pali et qu'elle est toute lisse, ajouter les miettes d'Oréo. Remuer (évidemment).
Verser la pâte dans les moules et faire cuire 20 minutes. Laisser refroidir complètement sur une grille avant de couvrir de glaçage.
Pour le glaçage : battre (le robot à mayo fera là encore des prodiges, le KitchenAid des miracles) le sucre glace et le beurre. Quand le mélange est bien homogène ajouter les Oréos écrasés et les incorporer gentiment à la maryse (ou spatule, c'est pareil mais comme je dois faire un effort pour me montrer “digne” d'avoir un blog de cuisine j'ai décidé que je n'utilisai plus de spatule mais que des maryses. Et puis aussi je n'étale plus la pâte dans mes moules maintenant, je les chemise. Ben je vous jure essayez ça change tout !). Etaler avec autant de talent que possible le glaçage sur les cupcakes.

oreo-cupcakes.jpg

avril 09, 2007

Pâques au tison, bobards à Pimpreton : carrot cake des grands-jours

Happy easter ! Pour la France les réjouissances caloriques n'ont fait que commencer hier et on se gratifie de sympathiques restes aujourd'hui pour s'assurer un retour enkilosé au turbin mardi, ici ça y est c'est plié. Le vendredi saint est férié mais le lundi non, au taff ! On essaie donc d'y aller mollo sur le chocolat pour pas devoir quitter précipitemment le premier meeting de la matinée pour dégobiller ses tripes chocolatées et/ou avinées. Donc à la maison hier, pas de chocolat. Enfin dans le dessert. Dessert qui aurait d'ailleurs pû être une bûche vu le temps anti-pascal que nous avons. Moi je me souviens des cuillettes d'oeufs chez papi et mamie, entre les crocus et même parfois les jonquilles. Mais Trifouillis sur Loire c'est pas Toronto. Et à Toronto today c'était neige et -10°, alors les jonquilles c'est dans tes rêves et les oeufs c'est dans le salon. Ouais, on a préféré éviter de sortir les 2 rejetons au saut du lit pour aller chercher des oeufs congelés en les délogeant au piolet des plates-bandes du jardin.
Du coup, hier matin le Pimpreton était assez décontenancé par la chasse aux oeufs en intérieur. Déjà depuis 1 semaine que ses copains canadiens ne parlent que du lapin de Pâques qui pond des oeufs au chocolat dans la pelouse, mon petit lardon traversait un genre de crise de foi (la foi hein, pas le foie, ça on a tout fait pour éviter). Ben il y a de quoi en même temps, quand toutes les certitudes acquises en presque 5 ans s'écroulent en une semaine, pas étonnant de traverser une crise mystique. Les 3 points de discorde, sur lesquels nous avons dû apporter des réponses vaguement peu convaincantes mais que seul un concile au Vatican (ou à Mac Do) présidé par mon Pimpreton devra trancher dès que possible, sont:
1. C'est qui qui les apporte les chocolats bon sang de bonsoir ? Les cloches (françaises) ou le lapin de Pâques (canadien) ? La rélexion pimpretonnienne sur le sujet : "les cloches ça se peut pas, elles n'ont même pas de bras et ne peuvent pas sonner si personne leur tire la corde, et un lapin il est pas assez costaud pour porter des chocolats et comme il saute tout le temps ils seraient tout cassés. C'est sûrement un livreur de chocolats [Dieu ou Léonidas, là dessus il reste très vague] qui se déguise en cloche ou en lapin". Notre lumière de parents emmerdés par ces questions-pleines de bon-sens-qui-reposent-sur-une-énorme-supercherie (avec Noël et la petite souris) et qui s'enbourbent dans le mensonge : "Ben en fait tu as sûrement raison, c'est probablement un livreur de chocolat mais comme personne ne l'a jamais vu, tout le monde invente une histoire pour expliquer pourquoi on trouve toujours des chocolats dans le jardin le matin de Pâques. En France on dit que c'est des cloches parce qu'il y a beaucoup d'églises, ici on dit que c'est le lapin de Pâques parce qu'il y a beaucoup de lapins (ben quoi vous le connaissez pas vous le lapin canadien ??), en Australie on dit que c'est un kangourou parce que...", bon vous suivez le raisonnement foireux et totalement fallacieux n'est ce pas ? Du coup toute la journée on a dû acquiescer aux hypothèses pimpretonniennes : “oui mon chéri en Afrique c'est des élephants... oui mon roudoudou au Pôle Sud c'est des pinguins... oui mon amour dans le désert c'est des... iguanes !”. Putain vivement que Pimprenille s'y mette aussi pour finir de nous achever. Quand je pense aux titres universitaires écrits sur mon CV pour balancer de telles énormités avec un applomb déconcertant...
2. Comment c'est possible qu'un lapin de Pâques il ponde des oeufs alors que normalement c'est les poules ? Oui là c'est la question qui tue. Surtout qu'on était plus ou moins en train de mettre en place 2-3 jalons concernant la différence entre vivipares, ovipares et ovovipares (bon sans les termes savants évidemment hein, on parle à Pimpreton pas à Darwin) et que du coup ça nous casse notre baraque. En même temps on peut pas juste lui dire que c'est des conneries, parce que bon socialement ça le fait pas de dire aux copains qu'ils sont tous des glands de croire au lapin de Pâques alors que tous le monde sait que les léporidés sont des mammifères et donc des vivipares. Si on veut qu'il se fasse racketer ses pièces en chocolat c'est pile ce qu'il faut répondre. Alors du coup on est allé encore plus loin dans l'humiliante besogne à laquelle nous conduit parfois la parentalité... tenez-vous bien... “Oui mais il y aussi des animaux magiques tu sais. Pégase, les licornes, les sirènes (techniquement c'est des animaux à 50%, allez nous-cherchez pas de poux)... et le lapin de Pâques ils ne sont pas comme les autres animaux, ils ont des pouvoirs magiques et donc si c'est possible qu'un lapin ponde des oeufs s'il est magique”. Réponse de Pimpreton : “oui, ou s'il a des super-pouvoirs, comme Spiderman”. Et là on sent que tout prend sens pour lui, quand nous nous sommes à 2 doigts de nous plonger dans la Critique de la raison pure juste pour voir si la vérité elle serait pas un peu ailleurs desfois...
3. Mais comment il a fait le livreur de chocolat pour entrer dans la maison, normalement il y a que le père Noël qui peut. Impossible de confesser que c'est le même “livreur”qui apporte les chocos, les cadeaux au pied du sapin et la pièce sous l'oreiller... on peut pas céder à la facilité. Non puisqu'on est dans le bobard jusqu'au cou autant continuer à patauger dedans, alors... ben facile : on explique que le père Noël c'est un peu le chef de ceux qui ont les pouvoirs magiques et que quand il a vu qu'il faisait si froid à Toronto dimanche matin, il a appelé le livreur-lapin-cloche (“sur son portable ?” demande Pimpreton... ben c'est bien connu hein pour qu'un mensonge soit crédible il faut le plus de détails possibles donc “oui, sur son portable”) et il lui a dit “dis-donc André (appelons-le André vous voulez bien) Pimpreton et Pimprenille vont attraper un rhume s'ils doivent sortir chercher les oeufs dans le jardin ce matin, passe prendre les clés de leur maison chez moi avant de partir pour ta tournée comme ça tu mettras les chocolats dans le salon, ce sera plus pratique. Mais n'oublies pas de me rapporter après hein, j'en aurais besoin pour le 24 décembre au soir” (là, pour comprendre, il faut avoir entendu le bobard de la veille de Noël dernier expliquant comment le vieux barbu pouvait quand même venir déposer les cadeaux sans qu'on ait besoin de faire construire une cheminée dans les 48h). Apparemment c'est passé...

Bon et puis après toutes ces salades et ce flan, il fallait bien un truc un peu plus consistant. Cette année point de sugar cookies ni de gâteau au chocolat mais un kitchissime gâteau de Pâques en clin d'oeil au lapin ovipare qui est venu s'oublier dans notre salon ce matin. La déco est faite pour épater des enfants de 5 ans et 15 mois (mission accomplie), pas pour rivaliser avec Pierre Hermé. Donc on est gentil on ne fait aucun commentaire sur les grumeaux de cream cheese (pas sorti assez à l'avance et donc pas assez ramolli) et on s'extasie sur les carottes en pâte d'amande blanche colorée par mes petites mains désormais maronnasses (vert + orange = maronnasse) et feignant de sortir d'une fausse-terre (par -10°, tu penses) en croûte d'Oréo moulue.
Remarque à l'attention des non-initiés - Si vous êtes arrivé sur cette page en vous disant “chouette un gâteau aux légumes, ça va être léger et bon pour la santé”, 2 solutions s'offrent à vous : soit vous virez votre cutie et décidez de ne pas paniquer rien qu'à la lecture des indécentes quantités de gras (huile + cream cheese + beurre) et de sucre, soit vous aller plutôt jeter un oeil ici ou avant de vraiment vous évanouir.

Carrot cake à étages

Pour 8 à 12 personnes

400 g de farine
1 grosse cuillère à café de levure chimique
1 cuillère à café de bicarbonate
1 grosse cuillère à café de canelle
½ cuillère à café de muscade
1 pointe de couteau de clou de girofle moulu
½ cuillère à café de sel
4 oeufs
250 g de sucre en poudre
100 g de vergeoise
300 ml d'huile
500 g de carottes, finement rapées
150 de noix de pécan (ou noix de Grenoble), toastées et concassées
100 g de raisins secs
250 g de cream cheese Philadelphia (ou de kiri,ou de St Morêt si vous n'en trouvez pas), ramolli
60 g de beurre, ramolli
1 cuillère à soupe de crème fraîche
1 cuillère à café d'extrait de vanille
150 g de sucre glace

Préchauffer le four à 180°C / 350°F.
Huiler 2 moules à manquer ou à charnières (les miens font 20 cm de diamètre), et coller un disque de papier sulfurisé au fond.
Dans un saladier mélanger la farine, la levure, le bicarbonate, les épices et le sel. Dans un autre, fouetter les oeufs avec le sucre et la vergeoise jusqu'à obtenir un mélange bien mousseux. En continuant à mélanger, ajouter progressivement l'huile jusqu'à ce que la pâte paraisse presque émulsionnée. Ajouter la farine en l'incorporant bien, puis les carottes, les noix et les raisins.
Diviser la pâte en 2 parts égales et la répartir dans les 2 moules en lissant bien le dessus. Enfourner pour environ 40 minutes, en tournant les moules à 180° à mi-cuisson. Vérifier la cuisson avec une pointe de couteau, elle doit ressortir presque sèche avec juste quelques miettes collées dessus.
Laisser refroidir les gâteaux dans leurs moules au moins 2 heures, puis les démouler en passant une lame de couteau autour. S'ils ont trop gonflé et que dessus n'est pas plat, les couper horizontalement pour obtenir 2 cercles de même épaisseur.
Préparer le glaçage en fouettant au batteur le fromage, le beurre, la crème fraîche et la vanille. Quand tout est bien mélangé et que le mélange est souple, ajouter le sucre glace et continuer de fouetter jusqu'à ce que le sucre soit parfaitement incorporé (râcler les bords du saladier au besoin).
Sur le plat de service, disposer un premier cercle de gâteau (fond du gâteau vers le bas), y tartiner une couche de glaçage puis déposer le deuxième cercle (fond du gâteau vers le haut). Recouvrir tout le gâteau d'une fine couche de glaçage, décorer de cerneaux de noix de pécan et de ridicules carottes en pâte d'amande. Placer au frigo au moins 2 heures. Sortir le gâteau ½ heure avant de le déguster (sieste conseillée après).

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avril 01, 2007

Feuille de chou : 1 an et des dollars pour des financiers macadamia-citron vert

Pour toutes les raisons que je livrais en réalisant mon cinquantième billet, je n'y crois pas... no way ! Feuille de chou qui a un an, c'est totalement impossible. Or si... au milieu d'une life totalement crazy dont je me refuse à livrer le moindre détail ici (je paye un type la peau de ma fesse droite chaque semaine pour ça, vais pas en plus le faire gratos ici) il semblerait que ce coup de tête bloguesque m'apporte un p'tit quelque chose dont j'ai du mal à me passer. Et quel est le bilan des courses alors ? Ben que du bonheur. Et j'ai des données tangibles à donner en pature aux plus sceptiques, jugez plutôt : 67 billets, 76837 visiteurs uniques, 37 nouveaux pots d'épices ou autres condiments plus ou moins exotiques (en comptant l'agar-agar), 1 moule à tarte, 1 sorbetière, 12 bocaux de graines auparavant considérées limite New Age (“y'a que celles qui vivent en sandale avec du poil aux pattes qui bouffent du millet”, janvier 2006), 1 machine à pain, 43 ramequins, 4 plats à gratin, 1 natte en bambou, 17 paires de baguettes, 39 livres de cuisine en anglais, 17 en français, 4 en espagnol, 1 en arabe (absolument inutilisable par moi cela va de soi), 1 machine à pâtes, 78 pots Mason à confiture, 1 centrifugeuse, 9 moules à gâteaux, 6 culs-de-poules (je ne sais pas ce qu'en pense Robert mais moi je mets un S à “cul” et à “poule”, chacun le sien après tout), 3 sets de cups et spoons (ben quoi, 1 en plastique, 1 en inox, 1 en céramique ravissant mais que je n'ai encore jamais osé utiliser), 1 tablier, 65 accesoires de cuisine indispensable (fouet au bout siliconé, tampon à biscuits en terre cuite, zesteur qui fait en plus des jolis dessins sur les concombres, etc), 1 torche à crème brûlées, 1 cartouche de gaz qui va avec, 6 mini-plats qui vont avec, 1 livre de recettes qui va avec, et... je compte pas les kilos qui vont avec (c'est le seul chiffre dont je vous ferai grasse grâce). Ne me demandez pas comment ça se fait qu'on bouffe des pâtes au pesto (voire au beurre) et des sandwiches 5 jours sur 7, je préfère ne pas savoir. En attendant pour l'occasion je nous ai fait un petit goûter d'enfer, des petits machins archi succulents au départ inspirés d'un gâteau vu chez Bill Granger et qui ont fini par virer mi-cupcakes mi-financiers. Oui je sais les cupcakes pour les grands évènements c'est un peu limite systématique, ben oui je suis comme ça moi. Et pis ceux qui aiment pas ça n'ont pas à se forcer hein, ça en fait plus aux autres. Alors aux cupcakes addicts et aux autres : enjoy et à l'année prochaine !

Cupcakes financiérisés aux noix de macadamia et citron vert

Pour 24 mini

250 g de noix de macadamia
2 cuillères à soupe de farine
1 pincée de sel
½ cuillère à café de levure chimique
6 oeufs
150 g de sucre
2 citrons verts
130 g de sucre glace

Préchauffer le four à 180°C / 350°F.
Zester les 2 citrons verts, puis en extraire le jus.
Placer les noix de macadamia, la farine, la levure et le sel dans un robot équipé de sa lame et laisser tourner jusqu'à ce que les noix soient complètement moulues. Séparer les jaunes des blancs d'oeufs, puis mélanger au batteur le sucre aux jaunes jusqu'à obtenir une préparation blanche et crémeuse (environ 2 minutes). Réserver une cuillère à café de zestes, et ajouter le reste au jaune d'oeuf. Incoporer le mélange aux noix. Battre les blancs en neige puis les ajouter délicatement au mélange.
Répartir la pâte dans des mini-moules à muffins et faire cuire 25 minutes.
Pendant ce temps préparer le glaçage en mélangeant le sucre glace, les zestes réservés et 2 cuillères à soupe de jus de citron. La consistance doit être assez épaisse mais très souple, ajuster en ajoutant un peu de jus de citron si nécessaire.
Quand les petits gâteaux sont cuits et bien dorés, les laisser refroidir 5 minutes et les recouvrir de glaçage. Attention il faut qu'ils soient encore chauds !

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mars 11, 2007

Les 2 et les 7 de la Turtle et les scones citron-canneberges façon Starbucks

Je ne résiste pas à l'invitation si gentiment lancée par Alhya et me livre avec bonheur à l'exercice égocentrique et introspectif du questionnaire des années en 2 et en 7. C'est si bon de se regarder le nombril qu'il n'y a pas de raison de se priver. Et puis comme je porte pas beaucoup de pantalons taille basse et de tops courts, si moi je me le regarde pas l'ombilic qui c'est qui va le faire ?

1982
J'ai 4 ans. Heureusement pour moi je ne garde aucun vrai souvenir de cette époque où mes parents s'arrachaient les cheveux par poignées. La légende familiale veut que je sois une petite fille assez (on notera l'euphémisme) autoritaire et au caractère plutôt trempé (mon père dirait “chiante” mais il en rajoute toujours). Je suis en moyenne section de maternelle mais dans une classe à 2 niveaux et je refuse catégoriquement de coudre un fil de laine autour d'une poire en carton que je devrais en plus découper (“c'est un truc de bébé”), ma maîtresse de l'époque tient bon au bras de fer pendant 2 semaines en me privant de toute autre activité manuelle tant que je n'aurai pas réalisé ma poire. Elle finit enfin par se déclarer vaincue et me promet que si je fais cette foutue poire je pourrais suivre avec les grands. Je m'exécute dans la minute et le bout de carton vert bordé de laine rose est toujours chez mes parents qui le gardent comme une preuve irréfutable de mon caractère de cochon. C'est aussi le moment où je mets au défi mon Tonton Jean d'arrêter de me tester sur des figures géométriques un peu trop fastoches et de me réaliser un rond-carré. Une sale môme quoi. Dont j'aurais probablement une copie conforme à la maison si Pimprenille continue d'accomplir la prophétie familiale.

1987
Je suis en émoi devant mon premier maître d'école (pareil qu'une maîtresse mais avec des poils, ça fait une grosse différence quand on a 9 ans). Le CM1 s'annonce torride. Mais... ce traître, ce fourbe, ce sournois me jette de sa classe au bout de 10 jours en prétextant que je serai plus à mon aise en CM2. Tu parles !! Je me retrouve avec une maîtresse sans poils, je ne comprend rien aux fractions (je garde pas mal de séquelles à ce sujet), et me fait bizuter toute l'année par mes nouveaux camarades. Toutes les filles de la classe sont amoureuses d'Alexandre Bourdon, ou Frelon, j'ai oublié son nom (Alexandre si tu passes par là...), et moi il me balance à bout de bras dans le bac à sable mouillé et me fait faire ses exercices de maths. Je hais ma date de naissance qui fait toujours rigoler et je décide que je passerai la prochaine décénnie à être plus vieille d'au moins un an.

1992
Le collège est enfin terminé. J'efface à tout jamais cette période de binoclarde brillante mais mal dans sa peau de ma mémoire et trouve enfin ma place au lycée (adieu la cambrousse vive la grand-ville) auprès des redoublantes de 2de. Je ne fous plus rien à l'école, je ne me souviens d'aucun prof tellement je les ai peu vus, je passe mes journées au Verlaine (troquet derrière le lycée où le café est immonde mais coûte 2 francs 50) à refaire le monde, fumer des Camel et chanter Sunday Bloody Sunday. A la fin de l'année, quand ma prof principale propose une réorientation en BEP à mes parents, ils estiment que mon séjour dans ce grand lycée de centre ville a assez duré et profitent de l'ouverture providentielle d'un lycée flambant neuf dans leur campagne pour me délocaliser. Du coup, puisque je pars, le bahut accepte mon choix d'orientation, qui n'est pas celui de mes géniteurs : 1ere Littéraire. Mon père lève les bras au ciel et implore sa miséricorde pour que je ne finisse pas en fac de philo ou, pire, de psycho. L'ambiance à la maison est tendue (mes parents diraient “infernale” mais ils exagèrent toujours), la Framboiz a l'adolescence un chouille rebelle.

1997
Je suis en khâgne. Contre toute attente, je me suis épanouie au lycée, et ai enfin (toujours avec une pointe d'esprit retord) trouvé ma place. Je me débrouille pour entrer en prépa, y travaille peu mais m'y amuse comme une folle. J'y fais du théâtre, de belles rencontres, des qui passeront, des qui durent (eh oui ma LN, plus de 10 ans tu te rends compte !). Et puis surtout... le Bernard l'Arno et moi arrêtons de nous tourner autour et noux exilons ensemble à Grenoble pour faire nos études, nous éloigner de nos parents et mener la grande vie dans un appart humide, au-dessus d'une 4 voies, avec 1 seul chauffage électrique et des fenêtres qui ne ferment pas. Tout notre fric part en clopes, pizzas, ciné et bouquins. C'est le bonheur.

2002
Agreg' en poche, me voilà prof (presque par accident) depuis 2 ans. Le contact des ados est marrant mais pas toujours simple quand ils ont 19 ans et moi 24. Cette année scolaire sera de toute façon pour moi de courte durée puisqu'un ouragan débarque dans nos vies en nous chamboulant la tête et les tripes. Il s'appelle Pimpreton et a définitivement changé un truc de ouf dans nos petites existences en faisant de nous des parents. Je suis à la fois bouleversée et apaisée par la découverte de la maternité, il semble bien que je sache enfin où regarder quand je marche. Plus besoin de scruter les étoiles, inutile d'investir dans un GPS, ma boussole est là toute en chair et en os. Je me rends compte que toutes ces conneries d'instinct maternel ne sont bien que des foutaises culpabilisantes sûrement inventées par une poignée de machos qui ont dû trouver ça bien commode (ça m'étonnerait pas que l'autre cake de Bettelheim soit de la bande), et découvre toute la pression socialo-familiale qui va avec. Mais le Bernard l'Arno est un allié de choc dans cette bataille quotidienne qu'est le droit de ne pas être Mme Hingalls. C'est avec l'âme légère que je retrouve mes élèves après mon congé maternité : je vais travailler et Pimpreton reste à la maison avec Papa.

2007
Pimpreton va avoir 5 ans, il veut que je lui montre mes seins, me fait un calin et me dit fièrement “voilà j'ai mis un bébé dans le ventre de maman” et insiste pour prendre sa douche avec moi (Oedipe ?). Il a vu arriver une petite Pimprenille il y a 14 mois, il a du mal à croire (et moi aussi) que cette petite tornade qui lui pique ses jouets et se met à hurler dés qu'on lui retire in extremis un scalpe de Playmobil de la bouche, est bien la même que ce petit machin rougeaud qui passaient des journées à roupiller il y a quelques mois. La page du calendrier 2007 est encore presque blanche mais s'annonce riche en bouleversements, impossible de savoir pour l'instant quelles bonnes ou mauvaises surprises elle nous réserve mais à vrai dire peu importe pourvu qu'elle ait son lot. S'il y a bien une chose à laquelle la Framboiz est allergique c'est la tiédeur, alors que ce soit le vent du sud ou le blizzard qui vienne souffler sur cette année ben au final, c'est pareil. Il faut que que les choses bougent autour de moi, que le temps passe et que je le vois passer. L'immobilisme c'est sûrement ma pire angoisse, même quand tout est rose. Imaginez vivre un éternel printemps, c'est pas super flippant ça ? Au final ça reviendrait un peu à vivre dans une sorte d'eau stagnante, sauf que l'eau stagnante, aux Bahamas comme dans le marais Poitevin ben ça croupit. Alors moi si j'ai juste un truc à me souhaiter pour les 9 mois à venir en 2007 ben ce serait ça, keep mooving !

2012
Pimpreton a 10 ans (oh my God !!!!), Pimprenille 6. Il va enfin faire caca tout seul, elle commence à déchiffrer ses livres seule sans pointer tous les trucs de l'image en criant “ta ta”. Il chausse du 38, mesure 1m60 et mange 1 paquer d'Oréo à chaque goûter, elle a 12 Barbie et porte un diadème en plastique argenté même par -25 (par dessus son bonnet). Le Bernard l'Arno commence à avoir des toute petites pattes d'oie au coin des yeux et ne sait plus faire une seule phrase en français sans anglicisme dedans, il sent que ça devient dur d'aligner des nuits de 4h sans ressembler à Philippe Léotard et envisage de bosser autrement. Moi je n'ai plus juste des cheveux blancs, je suis carrément poivre et sel mais je m'en fous, c'est pas de ma faute c'est génétique. Je commence à en avoir sérieusement marre de répéter 89 fois par semaine qu'il faut mettre un subjonctif derrière para que et je songe vraiment à bifurquer niveau boulot.

2017
Je n'enseigne plus. Entre 2 virées bretonnes chez la Turtle pour la ravitailler en sucre d'érable, j'écris. Des romans, des livres de cuisine, ma thèse qui attend depuis 15 ans d'être terminée... ben les 3 allez. Pimpreton a 15 ans (vite qu'on m'apporte mes sels !), mesure 1m86, pue grave des pieds dans ses Nike taille 44, passe ses soirées sur son ordi jusqu'à ce qu'on enlève le fusible de sa chambre tous les jours à 23h, dit “trop” 17 fois par phrase et trouve que les légumes c'est toujours aussi douteux. Pimprenille a 11 ans (allo le 911...) elle entre dans la phase pas marrante... surtout pour une fille je crois... je veux même pas y penser. Moi je vais tranquillement sur mes 40 ans, je claque toujours autant de thunes en chaussures et en plus, comme maintenant j'ai plus de temps et de moyens, je vais au SPA toutes les semaines. J'ai suivi le régime qui fait fureur depuis 2013 et ai perdu 24 kg. Je suis passée sur le billard en janvier pour me faire effacer, grâce à cette nouvelle technique laser révolutionnaire, les vergetures de 3 cm de large que mes grossesses m'ont dessinée sur le ventre. Les enfants sont grands, le fric coule à flots (reste plus qu'à trouver comment), le Bernard l'Arno et moi nous marrions une deuxième fois et partons en lune de miel non pas à Honfleur comme la première fois mais dans un périple qui nous conduit tour à tour en Islande, Australie, Nouvelle Zélande, Argentine, Suède, Afrique du sud et aussi à Cancun pour siroter des margaritas le(s) cul(s) dans le sable. L'est pas belle la vie ?

Et parce que ça creuse de se regarder dans le blanc du nombril (je bronze jamais en 2 pièces), ben une petite douceur absolument succulente le matin au petit déj' au goûter, et prête en 20 minutes chrono. Si c'est pas merveilleux ça. Comme je suis une grosse fan des scones de chez Starbucks mais que je ne peux m'empêcher de les trouver vraiment trop sucrés je m'évertue depuis quelques temps à les copier version homemade. Cette première tentative de répliques des Lemon cranberry scones est un succès total, prochain épisode : Maple oat nut scones.

Scones au citron et aux canneberges

250 g de farine blanche
3 cuillères à soupe de sucre
1 cuillère à soupe de levure chimique
½ cuillère à café de sel
75 g de beurre
250 ml de crème liquide
50 g de canneberges séchées
le zeste d'un citron
Optionnel : 200 g de sucre glace + le jus d'un citron

Préchauffer le four à 200°C / 400°F.
Au robot (equipé de la lame), mélanger la farine, le sucre, la levure et le sel. 3 ou 4 pulsations devraient suffire. Ajouter le beurre bien froid coupé en dés, lesle zeste de citron avant de redonner une douzaine de pulsations. On doit obtenir une grosse semoule sableuse avec encore de gros grumeaux de beurre. Ajouter les canneberges et pulser encore une fois.
Transvaser le tout dans un grand saladier, ajouter la crème et mélanger jusqu'à ce qu'une pâte commence à se former. 30 secondes pas plus !! Plus on malaxe tout ça, plus le scone est compact voire dur comme de la brique !
Tasser la pâte dans un moule à manquer, et la retourner aussitôt sur une planche à découper. Couper la pâte (ronde donc) en 8 quartiers et mettre ces quartiers sur une plaque à biscuits couverte de papier sulfurisé ou sur un Silpat. (si on veut on peut faire tout ça la veille au soir et ranger la plaque au frigo, comme ça on a plus qu'à enfourner au moment du petit déj')
Faire cuire une quinzaine de minutes. Le dessus doit être doré mais pas trop et les coins ont un peu bruni. Faire refroidir un peu et déguster tiède.
Pour faire encore plus comme au Starbucks on peut les napper d'un petit glaçage vite fait : le jus d'un citron mélangé à 200 g de sucre glace.

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février 26, 2007

Glace au Bailey's et raviolis au Nutella, à mi-chemin entre Schopenhauer et Gainsbourg

Il y a quelques années de ça, quand je croyais que toute la vie se trouvait dans les livres et que ce qui n'y était pas ne méritait pas qu'on s'y intéresse le moins du monde, quand j'étais bien plus jeune et conne quoi, si on m'avait demandé ce qu'évoquait pour moi le mot “décadence” je me serais jetée dans un éloge enflammé des grands écrivains de la fin du XIXème siècle, qui se sentant écrasés par le joug étroit de la rigueur scientifique du naturalisme à la Zola, ont réinventé l'écriture en la dissociant de la morne vraie vie et en plaçant l'artifice au coeur de leur démarche littéraire. Je vous aurais seriné en vous racontant passionnément comment Schopenhauer avait tout compris, comment Baudelaire puis Huysmans, ou depuis une autre perspective Poe, avaient réussi sous son impulsion à inventer le nihilisme littéraire pour botter le cul à l'expérimentation romanesque de ces naturalistes chiants comme la pluie. Bref, je vous aurais sacrément... ennuyé. Oui, je crois bien que dans ma période je-lis-donc-je-suis, sous mes allures folettes ben j'étais pas une grande rigolote. Limite chiante oué. Peut être même encore plus que les Rougon-Macquart finalement.
Et puis attendez, si à la même époque vous aviez posé la même question au Bernard l'Arno, lui il serait parti sur un cours magistral vous expliquant le déclin des moeurs de la fin de l'Empire romain, le refus du latin bien policé des anciens, enfin encore tout un tas de trucs vraiment pas top rigolos. Barbants ? Bon ok barbants. Imaginez nos discussions de l'époque, moi je veux même pas y penser. Des conversations interminables pendant lesquelles chacun s'écoute parler et a l'impression de contribuer à un bouleversement de la pensée occidentale contemporaine. Bah ! Au moins maintenant, nos échanges ont bien plus les pieds sur terre. Anthologie : “c'est toi qui a fini le PQ ? Putain à chaque fois c'est pareil, tu pourrais remettre un rouleau neuf pour ceux qui passsent derrière”, ou bien “au fait tu as pensé à payer la facture de téléphone, ça fait 3 mois qu'on oublie, ils vont finir par nous le couper et tu pourras pas appeler tata Micheline pour son anniversaire”, ou encore “tu peux regarder ce gros bouton que j'ai dans le dos là, j'ai l'impression d'avoir un furoncle géant en plein milieu de la colonne vertébrale”. On est bien loin de Schopenhauer désormais. Oui je suis d'accord, c'est tant mieux en effet.
Mais bon, là où je voulais vraiment en venir (j'en vois qui lèvent les yeux au ciel en lâchant un soupir d'alleluia) c'est : qu'est-ce que je répondrais si aujourd'hui on me demandait “dis-donc Framboiz, si je te dis décadence, tu penses à quoi ?”. Ben dans un premier temps comme je suis une incorrigible petite farceuse (un peu comme Schopenhauer quoi) je me contenterais de chanter fort et avec force mimiques et effets de voix suggestifs "Tourne-toi... Non... Contre moi... Non, pas comm'ça ... Et danse... La décadanse... Bouge tes reins lentement devant les miens”. Je n'irai pas plus loin pour des raisons de référencement, j'ai déjà bien peur de me retrouver avec un rebond immérité de fréquentation des étudiants en philo et/ou en lettres modernes, je vais pas en plus m'attirer tous les libidineux en quête de langueur verbale. Ou pas que verbale d'ailleurs. Un peu comme les 32 personnes qui sont arrivées sur la feuille de chou en cherchant des photos du Prince William nu... si si.
Bref, non en vrai si aujourd'hui je dois donner ma vision de ce qu'est la décadence, ce qui pour moi symbolise la perte de toutes mes valeurs morales et intellectuelles dans la volupté ce serait... ce duo de choc que je n'aurais même pas osé soumettre au concours des recettes inavouables d'Anaïk (je nierai d'ailleurs en bloc jusque dans la tombe avoir jamais publié ces recettes décadentes et prétexterai même sous la torture que quelqu'un a piraté l'accès à l'édition de mes billets et a rédigé celui-ci même en se faisant passer pour moi). Attention, ceux qui sont déjà outrés d'entendre les simulations soupirées de Serge et Jane, éloignez-vous de ces 2 douceurs de Satan que sont la crème glacée au Bailey's et les raviolis au Nutella. C'est tellement grave décadents sa race que... je crois bien que même Huysmans en aurait été offusqué.

Crème glacée au Bailey's

250 ml de crème liquide entière
250 ml de crème liquide légère
4 jaunes d'oeufs
100 g de sucre
50 ml de Bailey's

Porter les 2 crèmes mélangées au Bailey's à ébullition.
Pendant ce temps, fouetter vigoureusement les jaunes d'oeufs et le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse et épaississe.
Verser en 3 fois le mélange bouillant sur les oeufs en remuant énergiquement, puis remettre le mélange dans la casserole sur feu moyen pendant 2 minutes. Quand quand on passe le doigt sur la cuillère en bois qui sert à touiller la mixture, on doit voir une trace bien nette qui ne se referme pas.
Laisser refroidir la préparation puis la placer au frigo au moins 6h avant de faire turbiner dans une sorbetière.

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Raviolis au Nutella

Pour 8 raviolis

8 feuilles won ton (feuilles carrées qui servent à faire les raviolis chinois)
8 petites cuillères à café de Nutella
huile
sucre glace

Attention recette tellement simple qu'il faudra lutter fort pour ne pas tomber dans une pratique trop routinée de la chose, c'est quand même que du gras et du sucre... frits, ne l'oublions pas.

Mettre à chauffer 2 cm d'huile dans une sauteuse.
Passer les 4 bords de chaque carré de pâte won ton au pinceau trempé dans le blanc d'oeuf. Déposer une cuillèrounette de Nutella au milieu, replier en 2 pour former un triangle, et jeter dans l'huile bien chaude 1 minute de chaque côté. Egoutter sur du papier absorbant, saupoudrer de sucre glace et déguster encore chaud (ils se gardent très bien à four moyen sous un papier alu si on doit en faire plusieurs tournées et qu'on veut que tout le monde les mangent en même temps).

raviolis-nutella.jpg

Note de l'auteur : consommer ces 2 immoralités en même temps est à mon avis un péché mortel pile poil à la limite entre la gourmandise et la luxure sur l'échelles de péchés capitaux. Je m'en vais de ce pas soumettre le cas au Vatican afin que nous ne demeurions pas l'ignorance et agissions en connaissance de cause le cas échéant. N'ayant pour ma part pas eu la patience d'attendre, j'ai bien peur que mon sort soit déjà réglé (Oops I did it again comme dirait Britney).

janvier 27, 2007

Vegan cupcakes et : 1 bougie soufflée, 1 blog déballé et 1 peu de Ch'nord exporté

Mes amis y'a des dimanches comme ça où on a encore moins envie que d'habitude d'être à lundi. Celui de demain je peux pas encore dire, mais dimanche dernier était un genre de 9,6 sur l'échelle de Richter du dimanche de la 4ème dimension. Truc de ouf (oui je sais, encore un).
Bon alors déjà j'étais d'une humeur bizarre vu qu'on célébrait ce jour là le 1er annif de Pimprenille. Je vous l'ai déjà dit, moi les birthdays de ma progéniture ça me rend toute chose. Là j'avais quand même réussi à limiter la casse grâce à une gastro carabinée qui a atteint toute la famille il y 15 jours et qui avait mis ma Pimprenillette dans un sale état pour le jour J de “ses” 1 an. J'ai jamais compris pourquoi la faute de grammaire du “ses” était de rigueur et qu'on passe pour une débile si on dit “son” 1 an, pourtant grammaticalement irréprochable. Bah, allez, va pour “ses” 1 an, de toute façon à partir de 2 y'a plus de problème alors je vais arrêter de me le jouer intégriste de l'accord. Alors bon donc, reprenons, j'en étais où moi. Ah oui le vomi par hectolitres et les machines qui tournent nuit et jour avec de la javel dedans. Grand moment de complicité familiale que celui-là... je t'aime tellement ma tendre épouse que ton vomi (certes me tire un petit chouille grave au coeur quand même) ne me fait même pas dégueuler mes tripes dans la minute (attends ton tour, toi ce sera dans 2 jours) et que même je t'apporte la bassine, te la vide, te la lave, te la rapporte, te la vide, te la rapporte, te la rapporte, te la rapporte. Je t'aime tellement mon Pimpreton que quand tu viens te glisser à 3h du matin dans le lit de papa et maman couvert de m... des cils aux genoux et que tu me passes ta main (couverte de chocolat tempéré) dans mes cheveux (courts certes, mais n'empêche) en disant “Maman réveille-toi, il y a quelqu'un qui a fait du caca partout dans mon lit et même sur moi”, je te change tes draps illico et les mets à la machine pendant que papa prend une douche avec toi (et juste après ce sera mon tour hein, pas le choix...). Bref c'était notre première gastro en quatuor, et cette cochonnerie aura au moins conforté 2 de nos certitudes les mieux ancrées : 1) on est une putain de vraie famille Playmobil (2 parents pas encore divorcés, 2 enfants chacun de sexe différent, et de l'amour plein les tripes même quand elles ne demandent qu'à se réfugier au fond des chiottes), 2) il faut vraiment que j'arrête d'utiliser cette merdasserie de lessive écolo qui te laisse la tâche ET l'odeur du gerbis après 3 lavages. Bon. Avec tout ça (dites-donc je suis d'une grâce rare moi ce soir), j'en étais où ? Euh... j'ai perdu le fil.
Revenons-en à la bougie de Pimprenille. J'ai bien glauqué le jour J, revivant minute par minute le jour de sa naissance (bon comme le travail a duré 1h30, ça va ça m'a pas pris toute la journée non plus), et versant une larme chaque fois que je croisais son regard ce jour là. Elle a dû me prendre pour une givrée et m'a bien fait comprendre qu'elle me trouvait un poil collante d'un coup (le fameux “Maman pousse-toi”, à grands renforts de doigts dans les yeux). Du coup 6 jours plus tard quand on a fêté son anniversaire pour de vrai, on avait le moral à bloc, la gastro avait quitté les lieux (même si personne ne se sentait vraiment d'attaque pour un confit, et toujours pas d'ailleurs) et on pouvait faire un gâteau. Chouette un gâteau ! Mais... quoi comme gâteau pour une louloute de juste 1 an, qui sort d'une gastro, et les 3 autres pignoufs avec qui elle partage le gâteau aussi. Ben... des super cupcakes végétaliens ! Sans oeufs, sans lait, mais avec un glaçage dessus et tout le côté ludique du cupcake. Ceux-là furent à la vanille avec du yaourt étalé dessus en guise de glaçage, et cette recette est sur le point de devenir un classique ici. Bluffants qu'ils sont ces cupcakes !

Vegan vanilla cupcakes
(d'après une recette de la géniallissime vegan lunch box de shmooed food)

Pour 12 cupcakes

350 ml de lait de soja à la vanille
1 cuillère à soupe de vinaigre de pomme
250 g de farine
2 cuillères à café de levure chimique
½ cuillère à café de bicarbonate
½ cuillère à café de sel
150 g de sucre
120 ml d'huile de colza
1 cuillère à café de vanille en poudre

Préchauffer le four à 375°F / 180°C.
Mettre des collerettes dans les empreintes à muffins (un cupcake sans collerette c'est comme une raclette sans petits poêlons).
Mettre le vinaigre de cidre dans un verre doseur et couvrir de lait de soja jusqu'à atteindre les 350 ml. Bien mélanger et réserver au moins 5 minutes (le mélange doit “cailler” un peu, à la façon du buttermilk).
Dans un saladier, mélanger la farine, le sucre, la levure, le bicarbonate et le sel. Dans un autre saladier, mélanger le lait de soja buttermilkisé, l'huile, et la vanille. Ajouter les ingrédients secs aux ingrédients liquides et battre vigoureusement pendant 2 minutes (l'idéal étant là un batteur du genre de celui qui marche bien pour faire une mayo ou des blancs en neige).
Remplir les caissettes aux 2/3 et enfourner pour 20 minutes.
Faire refroidir sur une grille et déguster avec quelques cuillères de yaourt étalées sur le dessus.

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Déjà, rien qu'avec ça, les yeux ronds de ma Pimprenille (et de son frangin... même pas jaloux) devant tous ces cadeaux juste pour elle, ses mains qui patouillent dans le yaourt et les miettes de cupackes et lui en étalent jusque dans les oreilles... de son père, ça vous comble une journée. Sauf que c'était pas tout. Sauf que j'avais 2 avis de passage du facteur dans ma boîte aux lettres et que je suis allée récupérer mes 2 paquets cet après-midi. Et là... la caverne d'Ali Baba !!!
Un premier coli de mon père Noël mystère du jeu ninniesque “Déballe mon blog”. Moi j'avais joué la mère Noël avec Madame Papilles, mais j'attendais toujours impatiemment MON colis surprise. Jusqu'à un mail... tristounet... de Peggy !! Oui Peggy, Mademoiselle Dolce Vita quoi ! Elle me disait toute déconfite que c'etait râpé pour le déballage de son blog car son colis devrait être arrivé depuis des semaines et que même s'il arrivait finalement, tout ce qu'il contenait ne serait plus du tout consommable (à moins de vouloir remettre le couvert gerbouillesque). J'en étais toute déconfite sur le moment (ben excusez-moi mais passer à côté de truc faits juste pour vous par Peggy, y'a de quoi être sacrément déconfite) jusqu'à ce que... je reçoive... un colis bis !! Oui un colis de rattrapage quoi ! L'est-elle pas mignonne cette Peggy ?! Elle m'avait refait un colis à déballer, comme ça vite fait, avec ce qu'elle avait sous la main. J'en étais toute bouleversifiée. Bien sûr elle n'avait pas eu le temps de me faire des machins pas possibles de ses petites mains mais elle avait rassemblé tout un tas de chouettes spécialités qu'elle aime bien. Et moi donc !!!!!!!! En vrac, dedans il y avait : des petits grains de café recouverts de chocolat (hé hé, ça te rappelle pas un autre petit colis Ninnie...), du sel au basilic et parmesan de chez Père Léon, du piment d'Espelette, du safran italien, des pastiglie Leone à l'absinthe (j'en suis dingue !!), des biscuits Granolas (elle avait repéré sur la feuille de chou que le sevrage de ces douceurs made in France était la composante la plus difficile de notre exil... Pimpreton a reconnu l'emballage sur le champ et s'est écrié “elle est gentille la copine de maman, je l'aime très très bien”... vautour va), de la moutarde aux 5 épices, et... une générosité blogguesque sans pareil. Merciiiiiiii Peggy !

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Et puis comme si mon j'étais pas assez excitée comme ça, ma copine Hélène m'envoyait d'Arras un colis de Noël pour ma famille. Y'en avait pour tout le monde, et surtout... y'en avait pour moi ! Moi la boustifailleuse j'entends. C'est pas vraiment ici que je viendrais parler des colis de livres de linguistique espagnole ou de strings en lycra phosphorescents que je reçois en d'autres occasions. Donc pour moi, mon LN elle avait farfouillé dans son Ch'nord pour m'en envoyer un petit bout. Et ça donne : une bouteille de chicorée liquide (je meuuuuurs d'envide d'essayer ça dans une crème brûlée ou une glace ou pour glacer une viande), un pot de confiture d'endives à la rose, un autre d'endives aux figues, une chiconnette d'Arras (une endive en chocolat fourrée de feuillantine qui a eu du mal à durer le temps de la photo) et un sachet de sucre à la mangue (pas très ch'ti mais délicieux). Le tout avec des idées recettes fournies par les petits artisans qui ont fabriqué ces délices, et... beaucoup de douces pensées. Merciiiiiiiii ma lélène !

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Après tant d'émotions vous comprendrez bien que je n'ai pas pu poster de la semaine, j'avais besoin de me remettre... et de cogiter à tout ce que je vais faire avec cette manne.

Au fait, j'ai déjà reçu pas mal de participations plus sympas les unes que les autres pour “le sucré s'invite chez la salé” de ma pomme, mais j'ai cru voir que certains avaient fait des recettes pile poil dans l'esprit et ont oublié de me laisser un lien vers leur billet. Il faut pas oublier de le faire (en laissant le lien en commentaire de CE billet) avant le 2 février hein !! Pis pour les autres, faut s'activer il reste plus qu'une petite semaine. A vos pommes !

janvier 20, 2007

Couronne canneberges-pistaches-kumquats pour un kiki mapé

Dans la série “j'ai du mal à tenir à jour ma feuille de chou”, je me pose là. Pas de doute. Heureusement que Sandra est là, avec son kiki royal (non ceci n'est pas un post cochon avec des photos inédites du prince William tout nu ou des bijoux de famille de Felipe d'Espagne) pour que je rattrape un peu de retard.
Grâce à elle, voilà que je me rends compte que je vous ai refait le coup du teasing électroménager qui retombe comme un brushing sous la pluie. J'avais déjà sévi en annonçant cet été l'achat d'une sorbetière puis en attendant 3 mois avant de parler de ce qu'elle avait turbiné. Bon ok je vous ai pas arnaqué sur la marchandise et balançai cul sec (kiki + nu + cul dans le même post, c'est bon pour le référencement ça, enfin si je pouvais caser une fesse et 2-3 nichons ce serait encore mieux...) 10 recettes de glaces (5 + 5)en tout genre qui déchirent grave leur mère. Et à l'occasion de ce coming out glacesque j'annonçais l'achat d'un nouveau gadget, que j'allais vite en parler ici, et patati et pata... bullshit. Encore pas fait. Quand je pense que je rabache à mon Pimpreton de fils qu'il faut tenir ses promesses, vilaine fille va. Alors je rattrape un peu le truc et entre enfin dans le vif du sujet : ma MAP . La MAP, pour les non-accrocs aux blogs de cuisine, c'est pas un Mixer Anarchico-Pétainiste, ni un Micro-onde Activateur de Photosynthèse, encore moins une Machine à (h)Aricots Pétogènes, non, c'est juste une Machine A Pain (celle-là en l'ocurrence, et non pas celle archi top méga mieux que ma mère a gagné grâce au velouté Emmanuelle Béart). Le principe est simple : on lui ouvre le capot, ou lui benne tout dans la cuve, elle se charge de tout. Elle mélange, pétrit, fait lever avec la chaleur et l'humidité appropriées, cuit et... vous sonne quand elle a fini. Comme ça, ça a l'air super. Sauf que la mienne...
- elle sonne aussi pour vous dire que c'est le moment de lui ajouter des graines, des raisins, des lardons, que sais-je encore. Même quand vous n'avez rien à lui ajouter. Le bip strident pendant 30 secondes moi ça me rend un chouille nerveuse tendance filet de bave au coin de la bouche...
- elle a 2 petites palettes fixées au fond de sa cuve, elle ne les enlève jamais. Même pas pour dormir. Surtout pas pour pétrir. Mais pas non plus pour cuire. Du coup quand on veut démouler son pain (ce qui relève déjà de la prouesse si on tient vraiment à l'avoir en une pièce) on se retrouve avec 2 fèves plantés dans son cul (au pain hein !!) et si on tient à les extraire, on lui déchire assez largement et profondément le fondement en 2 endroits (outch). Du coup il est tout mal en point et a pas vraiment fière allure.
- elle a un esprit de contradiction pire que le mien et s'obstine à me faire un pain tout rikiki quand je lui dit d'en faire un gros, un qui déborde de la cuve et vient se coller au hublot du dessus quand je lui dit que j'en veux un petit, me fait du pain albinos quand je veux du bien doré, du limite cramé quand je veux du clair. Connerie de machine va !
Donc non dans un premier temps je n'ai pas vraiment été emballée, et la pauvre MAP elle s'est retrouvée au gnouf (le placard du coin de la cuisine, celui qui est rempli de tous les machins dont je me sers jamais vu qu'il faut le vider rageusement en entier à même la carrelage pour en extraire un truc) avec pour voisins de cellule le "pop corn maker", la friteuse, le gaufrier,etc. Jusqu'à Noel. Oui car quelques jours avant le 25 j'avais reçu un précieux envoi de Ninnie (le fameux troc dont elle vous parlait ici) et je voulais absolument essayer de faire un vrai panettone pour essayer un de ses cadeaux (en attendant de pouvoir faire moi même le traditionnel kougelhopf de Noel de bopapa dans le moule qu'il m'apportera au printemps... t'oublies pas hein bopapa !). J'ai fait un premier essai à la main, pétrifiée d'avance par ma phobie de la levure de boulangerie. J'avais raison d'être tétanisée, la pâte était tellement lourde que j'ai pété un carrelage de la cuisine en en laissant tomber une boule. Alors j'ai sollicité Monsieur KitchenAid, mais comme j'avais un peu bidouillé la recette entre temps, je l'ai retrouvé avec l'embout pétrisseur englué dans une sorte de magma élastico-gélatineux que j'ai dû dissoudre à l'acide. 2 panettonnes qui moururent avant même que j'allume le four. C'est alors que je me susi rappelé que cette pimbèche de MAP a aussi un programme “dough” qui fait juste la pâte et te laisse le soin de la cuire dans le moule de ton choix. Le beau moule à panettone en papier envoyé par Ninnie donc. J'ai suivi la recette de Sylvie au pied de la lettre mais en laissant miss MAP faire tout le boulot, et ça a donné ça :

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On a fait la paix dés que j'ai sorti cette merveille du four. Je les ai demandées en mariage (Sylvie et la MAP) dés que j'ai goûté la première bouchée. Depuis ce panettone il ne se passe pas une semaine sans brioche, pain viennois, pain au lait, cramique, et autres pain de mie à la maison. Elle pétrit mais c'est moi qui cuis. Je suis pas encore prête pour retenter le pain empalé, je suis une petite nature moi.
Alors pour le kikiveukivienkuisiner de Sandra consacré à la couronne des rois provençale, j'ai mis ma copine MAP au boulot, et on lui en a été très reconnaissants le temps d'un petit déj et un goûter.

Couronne briochée aux canneberges, pistaches et kumquats
(d'après la recette de brioche dans Les bons pains maison chez Flammarion)

4 oeufs
un peu de lait si nécessaire (voir recette)
65 g de sucre
1 cuillère à soupe d'extrait de vanille
1 cuillère à café de sel
120 g de beurre à température ambiante
350 g de farine à pain (T55 on dit en France je crois)
2 cuillères à café de levure déshydratée
50 g de cannerberges séchées
50 g de pistaches non-salées grossièrement concassées
5 kumquats séchés

Casser les oeufs dans un verre doseur. Si les oeufs ne font pas 230 ml, compléter avec du lait.
Verser tous les ingrédients dans l'ordre indiqué par le fabricant de la MAP et lancer le programme “pâte seule” (“dough” chez moi). Au bip strident, se boucher les oreilles et patienter encore 5 minutes avant de mettre les cannerberges et les pistaches (sinon les pistaches sont réduites en poudre dans la pâte et nous on veut des morceaux).
Quand le programme pâte est terminé (la pâte aura levée une première fois), façonner la pâte en forme de couronne en oubliant pas la fève et en prenant soin de laisser un large trou de plus de 15 cm de diamètre au milieu : elle va gonfler la bougresse !
Laisser lever 2 bonnes heures avant de décorer de rondelles de kumquats séchés et de sucre perlé (merci Nico!). Enfourner 20 minutes dans un four préchauffé à 170°C / 375°F.

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décembre 28, 2006

Crèmes au baileys et dômes bicolores au marron, desserts subliminaux pour une neuvième paire de bottes

Idéalement j'aurais été super fière de moi de venir partager mon Noël sur la feuille de chou sitôt le dernier marron glacé avalé, mais malheureusement une grosse gueule de bois crise de foie flemme post-festivitées s'est emparée de mon âme et de mon ordi si bien que c'est maintenant quasi indécent de venir reparler de ce festin du 25 (mais était-il vraiment plus indécent que celui du 24 au soir ?...). Tant pis. La décence ça fait bien longtemps que je me la suis... euh... bref. Revenons-en au petit Jésus. Enfin au gros barbu en l'ocurrence. Celui qui a rempli mon salon de trucs qui clignotent et chantent en synthétique et laissent des petites pièces microscopiques exprès pour que le Bernard l'Arno ou moi allions ensuite les rechercher dans le gosier de Pimprenille. Le barbu quoi. Lui quoi, avec la majuscule.
Tout le monde comprendra je pense que, comme Pimpreton croit grave au père Noël, et même s'il ne sait pas encore lire, je préfère y aller molo sur le sarcasme entourant l'homme en rouge, on est jamais trop prudent. Et puis surtout je tiens à ce qu'il y croit au moins jusqu'à ses 16 ans vu qu'on a pu monnayer tous les caprices et toutes les négocations parfaitements non-négotiables de décembre seulement avec quelques quinzaines de centaines de “... sinon le père Noël ne passera pas” (oh les vilains parents qui font rien qu'à s'asseoir sur leurs vieux principes anti-chantage). D'ailleurs c'est bien simple, nous appréhendons à mort le mois de janvier ! D'ici là ça va encore, on peut toujours brandir un post-it et asséner un “... sinon je dis au père Noël qu'il vienne reprendre tous les cadeaux !”. Si la résistance est tenace suffit d'ajouter un “même le train” et là, normalement, l'affaire est classée.
Donc oui, Santa est passé, a devasté mon salon, notre chambre, celles des enfants, le sous-sol, la salle de bain (merci le xylophone qui flotte)... et youpi... ma cuisine !! Car oui le Père (Bernard l'Ar) Noël, en plus d'avoit pensé à m'apporter ma 8ème paire de bottes Camper (un jour j'en parlerai à mon psy) (enfin dés qu'on aura réglé ensemble ce problème des 79 livres de cuisine de l'année dernière), s'est souvenu qu'il n'y avait rien de tel pour me rendre infiniment douce (et lui faire des bouchées à la reine avec les restes de la dinde) que de m'offrir des trucs pour ma cuisine. Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer le plus beau tablier de l'univers intergalactique assorti de ses ustensiles qui vous font encore plus aimer la cuisine : une pince avec le bout siliconé orange (pour éviter la brûlure idiote du gras du bras qui frotte le bout de la pince encore chauffée à blanc), le fouet avec le même bout (mais en vert), la “flippeuse” à pancakes violette pour bien “flipper” (Nda : to flip = retourner) sans écrabouiller et, top du top, un pichet doseur gradué en cups ET en ml que tu peux lui lire les chiffre par le haut et pas juste sur le côté pour pas risquer le torticolis chaque fois que tu fais une pâte à gauffre. La méga classe quoi.

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Bon maintenant, venons-en au coeur du sujet : le manger. C'est quoi donc qu'on a mangé le 24 et le 25 ? Ben que du délicieux... Pour le réveillon : foie gras rapporté de France par mon frérot venu fêter Noël à Toronto (+ un Sauterne offert par papa qui lui seyait divinement), des gougères à la mimolette (recette de la pâte à choux comme ici mais sans le sucre et avec 80g de mimolette râpée ajoutée dedans une fois les oeufs bien incorporés), des sablés aux graines et au crottin de Chavignol (même recette que , en remplaçant le parmesan par du crottin râpé), des pakoras aux légumes (feuilles d'épinards, morceaux d'oignons, d'aubergines, de pommes de terre, trempés dans une pâte faite de farine de pois chiche + eau + cumin + garam massala, puis frits dans du ghee), des cubes de tofu croustillant (clic) et d'autres petites choses à grignoter que j'oublie. Et en dessert... un truc de ouf (oui je sais, encore, ça commence à suffire hein) : des crèmes au Baileys. C'était sublime dans des petits ramequins (merci Virginie !) et ce serait à mon avis surnaturellement délicieux en version crème brûlée. A suivre...

Crèmes au Baileys

Pour 4 ramequins

4 jaunes d'oeufs
250 ml de crème épaisse
125 ml de lait
50 g de sucre
1 pincée de sel
50 ml de Baileys Irish cream

Préchauffer le four à 325°F / 150°C.
Porter, dans une casserole, le lait et la crème à ébullition. Laisser refroidir 5 minutes.
Pendant que le mélange lait-crème refroidit, fouetter dans un saladier les jaunes d'oeufs, le sucre et le sel. Quand le mélange a épaissi un peu, ajouter progressivement la crème chaude puis le Baileys.
Disposer le mélange dans 4 ramequins et les placer dans un plat à four assez profond. Verser de l'eau chaude au fond du plat jusqu'à 1 cm du bord des ramequins, couvrir le plat de papier alu puis enfourner (sans renverser d'eau dans la crème ni de crème dans l'eau... enfin pas trop quoi). Laisser cuire 30 minutes, ôter le papier alu puis remettre au four 10 minutes.
Laisser refroidir, et mettre au frigo au moins 6 h avant de déguster.

creme-baileys.jpg

Et puis, alors qu'on avait emmamagasiné assez de calories pour tenir jusqu'au 25 janvier sans rien ingurgiter de nouveau, on a remis ça dés le lendemain avec un repas typique (visite du frenchy oblige)... de Thanksgiving. Oui ben quoi... c'est pas comme si j'avais dit Pâques ou Indépendance day. C'est pas si loin finalement dans le calendrier. Bon et puis... on fait ce qu'on veut de toute façon. Donc au menu : dinde parfaitement rôtie, gravy (sauce pour aller avec le volatile), sauce aux cannerberges et à l'orange, stuffing (farce à base de pain et de sauge mais qui cuit dans un plat au lieu d'aller se loger dans le c.. de la dinde), mashed potatoes (purée en gros quoi), choux de Bruxelles sautés. Le top quoi. Quant au dessert... ben... j'ai fait de la crème de marron. Avec j'ai fait de la crème glacée aux marrons. Avec j'ai fait des dômes bicolores. Et avec j'ai fait... des heureux ! Bon sang que c'était riche bon !

Crème de marron maison (à partir d'une boîte)

1 boîte (340g) de marrons au naturel Clément Faugier (à $9 !!)
150 g de cassonade
1 gousse de vanille
150 ml d'eau

Réduire les marrons en purée (au presse purée, ou au robot pour une texture plus lisse).
Porter à ébullition la cassonade, l'eau et le gousse de vanille fendue et grattée. Laisser bouillir 3 minutes avant d'ajouter la purée de marrons.
Bien mélanger et laisser cuire jusqu'à obtenir la consistance désirée (chez moi ce fut 20 minutes). Laisser refroidir puis mettre en pots (2 petits). On peut je pense sans problème stériliser les pots et les conserver comme des confitures. Moi je l'ai utilisée immédiatement et garde le reste au frigo depuis presque 1 semaine.

Dômes bicolores au marron

Pour 6

200 g de crème de marron
100 ml de lait concentré sucré (comment ça c'est riche ?!)
250 ml + 50 ml de crème épaisse
2 marrons glacés

Mélanger la crème de marron, le lait concentré et 250 ml de crème épaisse. Faire tourner en sorbetière jusqu'à ce que la machine dise que c'est prêt. Verser dans des moules individuels, couvrir de film plastique et mettre au congélateur au moins 4h.
Sortir les moules et creuser un trou au centre. Il n'y aucune obligation quant à l'utilisation de cette glace perdue (pas pour tout le monde)... Remettre au congélo pendant 2h.
Battre le reste de crème en chantilly et y incorporer délicatement les marrons glacés émiettés. Disposer cette chantilly aux marrons dans le trou creusé précédemment et remettre au congélo. Sortir les moules du congélateur, en tremper le fond dans l'eau chaude et démouler les dômes sur des assiettes individuelles. Servir sans attendre (ben oui la glace ça fond).

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décembre 22, 2006

Pavlova citron-pavot aux framboises pour le kiki de Doriann

Pour la troisième fois en quand même assez peu de temps, Doriann a sorti son kiki. C'est carrément indécent et le pire c'est que personne (y compris moi) ne semble s'en offusquer. C'est à croire que nous ne lassons pas de le voir à l'oeuvre puisque nous avons encore voté pour lui quand il nous a montré son kiki en forme de ravioli (si si, et sur un pic à brochette en plus... carrément indécent je vous disais). Du coup c'est dans un cri bestial et très attendu que Doriann sortit de nouveau son kiki : Jéronimooooo Paaaaavlooooovaaaaa ! J'ai comme l'impression qu'on a pas fini de voir le bougre nous obliger à l'exercie de style culinaire, car avant d'hurler le nom d'une illustre ballerine il s'était déjà égosillé avec des proooofiiiteeerooolles et miiiiiilleeeuuufeeeuuuilles, et chaque fois c'est la même chose : on ne résiste pas au kiki de Doriann. C'est comme ça et... pourvu que ça dur(e) ! (Ce billet est garanti 100% sans allusion scabreuse)
Bon alors du coup moi je me suis mise à la pavlova sans en avoir jamais goûtée. Le principe a l'air on ne peut plus simple : une base en meringue, un nuage de chantilly et des fruits qui coiffent le tout. Le dessert une fois assemblé étant censé rappeler le tutu d'une ballerine (qui aurait sûrement elle même un peu forcé sur la chantilly). Fastoche. Sauf que... la meringue restait jusqu'à dimanche dernier un démon auquel je n'avais jamais oser me réattaquer depuis mes 16 ans. "Si j'ai maté la pâte à choux, y'a pas de raison que je puisse pas régler son compte à la meringue" me suis-je dit... et ben c'est fait. Mais non sans mal je dois bien l'avouer.
Je précise d'abord que le traumatisme meringuesque remonte à ma plus tendre enfance. Je ne saurais dire combien de fois ma mère et moi avons confectionné des meringues (avec tous les blancs d'oeufs inutilisés pendant en gros 10 ans, ça doit bien faire quelques centaines ça), mais le résultat lui était invariablement le même : des flaques brunes et collantes. Rien à voir avec le truc gonflé et blanc nacré de la boulangerie, où nous nous vengions allègrement de nos échecs.
Bref pour dépasser ce complexe enfoui j'ai dû utiliser une bonne vingtaine de blancs d'oeufs avant de comprendre 2-3 choses : la meringue (classique hein, je me suis pas encore lancée dans la meringue italienne à faire à chaud et tout) c'est une affaire de
1- fouettage, pour ça on dit merci Monsieur Kitchen Aid (enfin surtout merci bopapa pour ce cadeau que je n'hésiterais pas à emporter sur une île déserte, malgré ses 10 kilos et l'absence de toute prise électrique sur ladite île... c'est tout moi je suis comme ça maintenat “Never without my KitchenAid)
2- four, il faut avoir fait copain-copain avec le sien pour le comprendre intimement et ne pas y faire cramer ses meringues
3- blancs vieux, car oui le blanc d'oeuf il faut qu'il soit vieux. Pas pourri hein, inutile d'attendre qu'il soit opaque de salmonelle, mais vieux de quelques jours en prenant soin, si possible, de le laisser trainer en dehors du frigo une bonne dizaine d'heures avant de les méringuiser.
Une fois toutes ces précautions prises (ce qui chez moi a pris 2 fournées de brunies, 4 de collantes au milieu, puis 3 de craquelées) ça marche. Celle du jour : Pavlova au citron, chantilly au pavot et framboises. Je risque bien de devenir pavlopathe dans les mois à venir, l'alliance est redoutable tant en texture qu'en goût et en plus c'est archi versatile. Merci Dorian, tu nous ressors ton kiki quand tu veux.

Pavalova citron-pavot aux framboises

Pour 4

Pour la meringue
4 blancs d'oeufs (chez moi 100g)
50 g de sucre en poudre
50 g de sucre glace
3 gouttes de jus de citron
le zeste fin d'un citron

Pour la chantilly
125 ml de crème entière
2 cuillères à soupe de sucre en poudre
2 cuillères à soupe de pavot
quelques gouttes d'extrait de vanille

Une barquette de framboises fraîches (ça serait sûrement génial avec plein d'autres fruits) pour la garniture

Pour la meringue : préchauffer le four à 100°C / 250°F. Battre les blancs d'oeufs (un peu vieux) avec le jus de citron et une pincée de sel à vitesse moyenne jusqu'à ce que le mélange soit bien mousseux. Ajouter ensuite le sucre en poudre cuillère par cuillère, toujours à vitesse moyenne, en veillant bien à ce que le sucre soit totalement incorporé à chaque fois. Augmenter la vitesse puis faire pareil avec le sucre glace. Ajouter le zeste de citron et continuer de battre une dizaine de minutes à pleine vitesse une fois tous les sucres ajoutés.
Placer des tas de cette préparation sur un Silpat ou une plaque recouverte de papier sulfurisé, creuser un peu le dessus avec le dos d'une cuillère (plus on creuse un gros trou, plus on pourra mettre de chantilly dedans... avis aux amateurs) et enfourner pour 2h, en laissant une cuillère en bois dans la porte afin qu'elle reste entrouverte.

Pour la chantilly : placer un saladier et le fouet de votre robot au congélo une dizaine de minutes, puis fouetter vivement tous les ingrédients, en prenant soin de n'incorporer le pavot qu'à la fin.

Garnir les nids de meringue avec la chantilly et déposer les framboises sur le dessus.

pavlova.jpg

A l'heure où je poste ce billet, la limte du 22 à 22h22 a été dépassée en France mais pas à Toronto, j'espère que le décalage horaire n'est pas un facteur éliminatoire... Bon pis s'il l'est ben tant pis, moi j'ai boulotté ce dessert de fou et économisé 25 ans de psychanalyse culinaire pour cause de meringue non-dominée. Je fais toujours une affaire.

décembre 17, 2006

Cupcakes au chocolat parce que je le vaux bien

En ouvrant ma page Movable Type pour rentrer un nouveau billet, je constate hébétée que ce sera le cinquantième. Ouah... 50. Oui je sais je les vois là ceux qui haussent le sourcil dubitatif genre “euh... 50 en plus de 8 mois... y'a pas de quoi se vanter ! Bonjour la feignasse oué !”. Et c'est sûr qu'à côté de la plupart des blogeuses je fais bien pâle figure (de toute façon on me répète depuis que j'ai 4 ans que je suis bronzée comme un cachet d'aspirine alors...), la plupart d'entre nous postent un billet par jour, parfois plusieurs même. J'admire, je trouve ça super consciencieux, et je suis la première à soupirer devant mon écran quand je vois Machin(e), Bidule ou Trucmuche n'as pas posté aujourd'hui. Limite à trouver ça inadmissible. Oué c'est une de mes spécialités ça, le féskejtediméfépasskesfé (comme dit ma mère). Le Samu social qui se fout du secours populaire quoi (version moderne du un poil désuet hôpital qui se fout de la charité, on l'aura compris). Bref... oui je sais mais.
Mais quoi ? Mais sauf que moi je suis d'une nature tellement vélléitaire depuis ma première bouffée d'oxygène sur cette terre, que 50 billets pour une Framboiz ça relève du miracle. Ou d'une soudaine mauvaise irrigation du lobe droit du cervelet. Ou d'un enchantement que seul le baiser d'un phacochère pourra annuler. De toute façon je veux pas savoir. Je vais pas aller passer un scanner du cerveau, je vais éviter scrupuleusement tous les phacochères que je pourrais trouver sur ma route, je vais arrèter de jurer pour pas m'attirer d'ennuis avec ceux qui peuvent me pistonner auprès de celui qui fait les miracles (euh les gars d'ailleurs si vous pouviez aussi m'avoir des bons-cadeaux chez Williams-Sonoma ce serait trop cool), bref je vais me racheter une conduite du moment que je peux tenir le rythme et ne pas me lasser de cette feuille de chou. Parce que quand je parle d'exploit c'en est bien un : 8 mois, 50 billets, c'est inédit. Preuves à l'appui, un peu d'histoire(s)...
Avant je me souviens pas, mais entre 6 et 11 ans j'ai décidé de me passioner successivement pour des tas de trucs allant du canevas, à la confection de vêtements de poupée (tricot ET couture, le défi), en passant par la poterie, la pyrogravure ou le tricotin (soupir). J'ai même dû m'enticher une bonne semaine des modèles réduits et des perles de rocailles, me rêver philatéliste ou pro du patin à roulette (ça me rajeunit pas, Pimpreton il sait même pas que ça a existé ces trucs là avec 2 rangées de 2 roues au lieu d'une seule au milieu... ) mais ce fut tellement court que ça ne vaut même pas la peine d'en parler. Bilan des courses : le seul canevas que j'ai jamais fini représentait Maya l'abeille, mesurait 8 x 8 cm de côté, et le 2ème (un aristochat d'au-moins 12 x 12) est toujours chez mes parents à attendre que je vienne le terminer; mon talent de potière puis de pyrograveuse se sera illustré dans la réalisation de 4 cendriers (dont un peint et verni quand même) et d'une brûlure éternelle de mon prénom sur le flanc droit de l'armoire en merisier de la chambre parentale (toujours visible aujourd'hui, pour ceux qui souhaiteraient s'y rendre en pélerinage), et mes poupées se sont toujours baladées à poil ou avec des écharpes monochromes et trouées de 7m63 réalisées au tricotin.
Entre 12 et 17 ans je me suis passionnée pour d'autres trucs vachement plus stimulants : la collection de TOUS les articles de journaux causant de Mylène Farmer soigneusement collés dans un cahier grand format (ça la rajeunit pas), puis les hormones faisant leur travail ce fut le tour de Tom Cruise, de Johnny Depp, de Brian Adams (j'arrête la liste avant de me jeter sur le flacon de Lexomil) de se trouver à coups de UHU sur des Clairefontaine à grands carreaux. Ce genre d'activités étant intrinsèquement vouées au provisoire (Dieu en soit loué !) je m'auto-déclarai sportive et essayai tour à tour (mais jamais plus d'une saison) la danse, le basket, le tennis, le ping pong, la gym, le VTT, le tir à l'arc, la natation, le volley et le badminton. Il m'aura fallu tout ce temps (et environ 2 briques de mes géniteurs dépensés en licences et autres cotisations) pour comprendre que je ne serais jamais une athlète et que même, en fait, le sport ben j'aimais pas trop ça.
Après ça, de 18 à 24 ans je me suis consacrée à un seul et unique hobby pour occuper mon temps libre en dehors de la fac puis du boulot : le régime yo-yo. Le principe est simple et parfait pour une vélléitaire comme moi : on décrète tous les premiers jours du mois qu'on aime plus manger, on se remplit de pamplemousses, salade verte sans vinaigrette et potage à la flotte pendant environ 10 jours, on constate qu'on a perdu 4 kilos. Là comme on est super heureuse d'avoir si vite perdu ces 4 malheureux kilos (qui vous rapprochent de 16 kilos de votre objectif) et super frustrée de ses mornes assiettes, on s'autorise 9 ou 10 2 ou 3 petits écarts genre quelques rochers Suchard dans la soirée, des viennoiseries au petit déj, des frites avec sa salade sans sauce, du rabe de kougelhopf le week-end chez Bo-papa et Belle-maman. Puis à la fin de la semaine, on se repèse, on jette la balance par la fenêtre après avoir lu qu'on a repris 5 kg (soit un de + que le handicap de départ) et on se jure avec persusasion que le premier du mois suivant on le fera vraiment. Bilan : A raison d'1 kilo par mois on engraisse finalement de 12 kg par an. Au bout de trop longs mois on murit un peu, on accepte que la bouffe est un truc qui rend la vie plus drôle au même titre que les potes (d'ailleurs les 2 vont très bien ensemble, c'est un signe qui ne trompe pas) et surtout l'élu de votre coeur et de votre couette (je ne rappelerai pas ici ma théorie sur les liens étroits entre la couette et l'assiette dont Google me juge apparemment THE spécialiste mondiale, un jour je la publierai et l'humanité en sortira certainement durablement changée). Bref ce loisir du régime yoyo, si on met bout à bout tous les jours où je l'ai fait sérieusement on arrive sûrement à 9 mois, mais j'ai jamais perdu 50 kilos, ni même 50 livres, ni même 50 grammes avec ce truc. On est très loin des 50 billets donc (ouh là là je me serais pas un peu égarée moi...).
Ensuite arrive le big bang, j'ai nommé les enfants et arrive donc le comble de la vélléité : les “faudrait que”, “je voudrais bien”, et les “dés que j'ai 2 minutes, je”. Là oui j'en ai asséné une bonne cinquantaine par jour jusqu'à répéter 50 fois le même : “ce serait marrant d'avoir un blog”. Comme je ne tricote pas, ne cours pas le marathon et ne fais pas de scrapbooking (même si j'aimerais bien... ah tiens ça me reprend), mais qu'en revanche je mange minimum 3 fois par jour, le blog de cuisine s'imposait. Et bon sang, 50 billets je n'en reviens toujours pas.
Allez, pour fêter ça et me donner du coeur à l'ouvrage je m'autorise une petite douceur rapide, facile et spéciale feignasse (et parfaite à réaliser avec des enfants qui n'en peuvent plus de fierté de tenir le batteur qui vibre pendant si longtemps). Histoire de m'aider à aller jusqu'à 100. Si ça arrive je me lancerai peut être même à faire des macarons. Chiche ?

Cupcakes au chocolat

Pour 12 cupcakes

Pour la pâte
115 g de beurre
1/2 tasse de sucre en poudre
1 tasse de farine avec levure incorporée
1/2 cuillère à café de levure chimique
2 cuillères à soupe de cacao en poudre
1/4 de tasse de pepites de chocolat

Pour le glaçage
1/2 de tasse de sucre glace
1/4 de tasse de cacao en poudre
100 g de beurre
(plus, pour la version des grands, 3 cuillères à soupe de liqueur de café Tia Maria)

Préchauffer le four à 175°C / 350°F.
Mélanger tous les ingrédients, sauf les pépites de chocolat, au batteur électrique jusqu'à obtenir une pâte bien souple et lisse, soit environ 2-3 minutes. Ajouter les pépites.
Répartir la préparation dans 12 moules à muffins avec caissettes en papier. Faire cuire 20 minutes puis laisser refroidir sur une grille.
Pour faire le glaçage, mélanger tous les ingrédients au robot et étaler sur les cupcakes refroidis.

chocolate-cupcake.jpg

décembre 10, 2006

Du saumon à l'érable et des muffins tatins aux poires épicées pour se prêter au(x) jeu(x)

Je cours après le temps, je cours après le temps (enfin je cours c'est une façon de parler hein, tout le monde sait maintenant qu'en ce moment je peux même pas affronter une tortue sous valium à la course à pied) et du coup j'ai du mal à gérer les priorités. Dont cette feuille de chou. J'entends d'ici mon père (et ma mère, et ma belle-mère, et mon beau-père, et la tata Odile, et la tata Mireille, et la tata Denise, etc*) qui va me dire, avec une once d'agressivité dans la voix, que oui en effet c'est vrai